Science & santé

Bonne nouvelle: l'ADN survit (un peu) dans l'espace. Mauvaise nouvelle: nous risquons de contaminer l'environnement extraterrestre

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 28.11.2014 à 11 h 38

Repéré sur Plos One (article original), Space, New Scientist

 Aliens In Snow, #3  par Raymond Bryson | FlickR licence cc by

 Aliens In Snow, #3 par Raymond Bryson | FlickR licence cc by

Cora Thiel, biologiste moléculaire de l'université de Zurich qui a mené l'expérience, n'en revient pas elle-même. Quand son équipe a découvert que l'ADN, brique moléculaire primordiale du vivant, pouvait ressortir intact d'un voyage dans l'espace, elle confie avoir été «complètement surprise».

Malgré des températures pouvant atteindre 1000°C, un voyage de 13 minutes sur une fusée sonde, s'étant tout de même élevée de 270 kilomètres avant de redescendre vers le plancher des vaches, raconte New Scientist, l'ADN ne s'est en effet pas complètement désintégré.

Les scientifiques en avaient peinturluré la fusée à trois endroits différents et ont constaté, une fois cette dernière de retour sur Terre, que «plus d'un tiers de l'ADN était toujours fonctionnel», rapporte de son côté Space.com, qui renvoie à l'étude originale, publiée le 26 novembre sur Plos One.

La nouvelle est ambigüe. Elle a d'abord de quoi réjouir les adeptes de la «panspermie», cette théorie selon laquelle la Terre aurait été ensemancée par l'espace et les extraterrestres (qu'il s'agisse d'une contamination véhiculée par une comète, ou d'une interprétation un poil moins scientifique, impliquant Raël et des extraterrestres façon Petit-Gris). En effet, si l'ADN peut survivre ainsi dans l'espace, cela tend à prouver que oui, des molécules essentielles au vivant ont bien pu faire un long voyage cosmique avant de débarquer sur Terre. Même si Christopher Carr, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), confie à New Scientist que, non protégé, l'ADN a peu de chance de survivre aux radiations UV.

Mais cette découverte a une autre incidence. Et celle-ci n'est pas forcément de bon augure pour tous ceux qui sont en quête de vie extraterrestre. Car, si nos fusées, nos sondes et nos vaisseaux sont susceptibles de transporter des résidus de notre ADN, cela veut aussi dire que nous risquons de contaminer les environnement extraterrestres lors de nos explorations.

Comme le précise New Scientist, nous prenons déjà soin de nettoyer de fond en comble les robots que nous envoyons là-haut, pour ôter toute forme de vie –ou de briques du vivant. Avec cette nouvelle découverte, ces méthodes de stérilisation devront être révisées.

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