Sciences

Ce robot se prend pour un ver: est-il un animal pour autant?

Temps de lecture : 2 min

Extrait de la vidéo de démonstration.
Extrait de la vidéo de démonstration.

Il s'agit d'un simple assemblage de Lego, né d'une campagne de financement participatif, et dont le but est de reproduire le comportement d'un petit ver. Il n'en suscite pas moins un questionnement des plus sérieux, et toujours plus d'actualité: si l'humanité parvient à créer un animal synthétique qui ressemble comme deux gouttes d'eau, chair mise à part, à un animal normal, doit-on encore opérer une différence entre les deux?

Dans un article en date du 26 septembre, New Scientist aborde cette question qui chamboule notre conception du naturel et du vivant, en racontant le déroulement du projet «OpenWorm».

Le robot-ver en question

Lancé par Timothy Busbice, ingénieur et roboticien indépendant, sur le site de financement collaboratif Kickstarter, l'expérience vise donc à recréer le cerveau d'un ver dans un robot. Le ver en question est le Caenorhabditis elegans (ou C. elegans), objet d'étude récurrent de la science, du fait de la simplicité de son organisme:

«Son réseau de 302 neurones s'interconnecte via 6.393 synapses [...] et est relié aux quelque 95 muscles et 1.410 jonctions du ver.»

L'objectif du chercheur est donc de reproduire ce réseau neuronal dans un robot, avec le même nombre de cellules, connectées exactement de la même façon. La seule différence étant qu'au lieu d'avoir un corps animé par des tissus musculaires, le «WormBot» aura un corps en plastique doté de deux roues.

Pour le moment certes, il n'est pas du tout question d'intelligence artificielle. Comme le précise New Scientist, le ver synthétique n'adaptera pas son comportement en fonction des situations, n'apprendra pas en somme, en «renforçant ou limitant des connexions existantes, ou en formant de nouvelles».

Pas dans un premier temps en tout cas. Mais Tim Busbice espère pouvoir complexifier le comportement de ses robots-vers. Si lui, ou d'autres, parvenaient à créer une véritable intelligence artificielle, même sommaire, les questions existencielles ne manqueraient pas.

«Supposons que nous arrivions à faire cela pour une souris, et que [le robot] se comporte exactement de la même façon qu'une vraie souris, imagine Murray Shanahan, un roboticien de l'Imperial College London, interrogé par New Scientist. Dans la mesure où l'on sait qu'une vraie souris peut souffrir, vous devez alors vous demander si la souris virtuelle le peut aussi.»

Avec ses 22 millions de neurones néanmoins, la souris reste loin de la simplicité du ver C. elegans. Mais la science se penche depuis longtemps sur le sujet et la réflexion ne semble pas complètement vaine.

Surtout que des progrès sont réalisés: rappelez-vous, il y a quelques mois, nous vous parlions de ces «ordinateurs qui peuvent enseigner à d'autres ordinateurs». Certes, l'apprentissage ne concernait que le jeu Pac-Man, et les scientifiques à l'origine de l'expérience qualifiaient alors de «débile» le comportement de leurs propres machines. Mais ça donne tout de même matière à mouliner.

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