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Vous répondez quasi instantanément à vos mails? C'est mauvais pour la santé

Stress.Ashley Campbell via Flickr CC License by

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Vous ne connaissez peut-être pas le terme «telepressure» («télépression» en français), pourtant, vous en avez probablement déjà été victime. Ce phénomène désigne le besoin de répondre le plus vite possible à des mails liés au travail, peu importe l’heure à laquelle ils arrivent dans votre boîte, et il est mauvais pour la santé, selon une étude de la Nothern Illinois University (NIU), que rapporte Forbes.

Larissa Barber, co-auteure de l’étude et professeure en psychologie à la NIU, explique que le fait de répondre rapidement est perçu comme une obligation informelle:

«Les employés perçoivent des signaux à la fois subtils et non subtils dans leur environnement de travail, qui laissent entendre qu’il est nécessaire d’avoir un temps de réponse rapide pour être perçus comme des travailleurs productifs. A cause de cela, les employés ont l’impression qu’ils ont techniquement la possibilité de ne pas être accessibles en permanence, mais que se déconnecter –même pour de courtes périodes– peut nuire à leur carrière.»

De même, avoir des conversations synchrones par mail, du type de celles que l’on pourrait avoir en face à face, encourage la réponse immédiate, car laisser un temps d’attente pourrait paraître impoli.

Et si nous n’aimons pas forcément subir la «télépression», nous en apprécions les effets, selon Larissa Barber:

«Nous nous habituons tous, en quelque sorte, à la satisfaction immédiate de recevoir des réponses rapides [...] parce que cela nous aide à accomplir nos propres tâches plus vite.»

Seulement voilà: cette pression constante que l’on s’impose a des effets secondaires sur notre santé. Les employés les plus sensibles à la télépression dorment moins bien, ont des niveaux d’épuisement professionnel plus élevés et ont plus d’absences au travail liées à des problèmes de santé, rapporte Time. L’état d’épuisement que provoque cette connexion permanente peut avoir des conséquences sur l’implication des employés dans leur travail. Au final, en voulant paraître réactif, on devient donc de moins en moins efficace.

D’après l’étude, la télépression est bien la conséquence de la dynamique sociale au sein d’un environnement de travail, et non le fait de la personnalité du travailleur: il n’existe pas de traits de caractères qui vous prédisposent à la ressentir.

Une autre étude, menée en 2012 par des chercheurs de l’Université de Californie, constatait que les employés qui regardent régulièrement leurs boîtes mails au travail se mettent dans un état d’«alerte maximale», qui se traduit par un rythme cardiaque élevé. Privés pendant cinq jours de mails, ces employés retrouvaient une fréquence cardiaque normale.

D’autres études suggèrent que non seulement les mails empiètent sur notre temps de travail, mais aussi sur notre vie de couple. En avril 2014, le patronat et les syndicats français ont signé un accord instaurant une «obligation de déconnexion des outils à distance» pour les cadres du secteur de l’ingénierie, de l’informatique, et du conseil. Mais la mesure est moins impressionnante qu’elle n’en a l’air, et ne signifie pas qu’ils ont l’interdiction de répondre à leur e-mails depuis leur domicile, expliquait Grégoire Fleurot sur Slate.

Pour échapper à la télépression, Larissa Barber suggère donc aux employés de couper les notifications sonores et visuelles des mails, de définir des temps dans la journée où ils répondent aux communications, un autre où ils se déconnectent et d'indiquer leurs disponibilités à leurs collaborateurs. Andréa Fradin avait répértorié sur Slate en février 2014  quelques solutions pour se simplifier la vie avec les mails.

Quant aux employeurs, Larissa Barber leur suggère de définir des règles de base pour la communication électronique au travail, comme par exemple de ne signaler comme «urgents» que les mails qui le sont véritablement.

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