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Les Etats-Unis commandent tellement d'équipements anti-Ebola qu'il en manque en Afrique

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 25.11.2014 à 15 h 24

Repéré sur Wall Street Journal

NHS doctors and nurses practise medical care in full protective Ebola gear.  Simon Davis/DFID via Flickr CC License by

NHS doctors and nurses practise medical care in full protective Ebola gear. Simon Davis/DFID via Flickr CC License by

Le stock d’équipements de protection individuels contre Ebola s’épuise. Au Sierra Leone notamment,  les combinaisons Hazmat, les masques et les sur-chaussures deviennent de plus en plus difficiles à trouver. Les fabricants ont du mal à produire assez vite pour couvrir les besoins, et l’augmentation de la demande en provenance des Etats-Unis n’arrange rien au problème, rapporte The Wall Street Journal.

En juillet, le coordinateur d’urgence de Médecins sans frontières en Afrique de l’Ouest estimait avoir stocké suffisamment d’équipements pour tenir jusqu’en juin 2015. Depuis, une partie du stock a été revendue à d’autres organisations humanitaires qui ne trouvaient pas le matériel dont elles avaient besoin. Une association caritative qui souhaitait faire des achats pour le Sierra Leone raconte avoir vu les prix des masques augmenter, avant une rupture de stock et un réapprovisionnement juste à temps.

Dès le début du mois de novembre, les principaux fabricants d’équipement, DuPont et Lakeland Inc., avaient pourtant pris des mesures pour faire face à une pénurie annoncée. DuPont avait notamment triplé sa capacité de production et embauché des travailleurs.

Mais les fabriquants sont peu nombreux pour faire face à une demande qui ne cesse d’augmenter. Aux Etats-Unis en particulier, l’inquiétude grandit depuis que le premier cas de virus a été diagnostiqué en septembre, notait Reuters le 6 novembre. Le nombre de patients y est pourtant bien moins important (c'est peu de le dire) qu’en Afrique de l’Ouest, rappelle The Wall Street Journal:

«Ebola a touché plus de 15.000 personnes en Afrique de l’Ouest, plus de 5.400 en sont décédées. Les Etats-Unis ont eu six cas. Deux personnes sont mortes.»

Pourtant, l’obligation de porter un équipement s’est étendue à des corps de métier autres que les professionnels de santé. Début novembre, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies des Etats-Unis a passé une commande de plus de 2,7 millions de dollars d’équipements, dans le but de constituer une «réserve stratégique». Le personnel des hôpitaux et les pompiers ont l'obligation d’avoir le matériel à disposition «au cas où une personne suspectée d’être touchée par Ebola arrive aux urgences ou appelle le 911 (le numéro d’urgence)»

Résultat: «Les commandes d’équipement de protection individuels s’accumulent plus rapidement que DuPont et les autres ne peuvent les honorer.» Certains équipements demandent notamment des délais de production importants, qui dépendent du type de couture et du moyen par lequel les produits seront acheminés.

Pour gérer la crise, DuPont a établi un ordre de priorité: les clients en contact direct avec les patients atteints d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Viennent ensuite les hôpitaux chargés de traiter des cas potentiels dans les régions où le virus a été reporté, puis les clients industriels. Lakeland Inc. a elle aussi augmenté sa capacité de production, qui devrait être de 50% plus importante qu’en août. Mais la menace de pénurie reste telle que des entreprises qui ne fabriquent pas ces équipements ont elles aussi été contactées par des acheteurs, telles que Safety Trading Co. un fabricant de vêtements Sud-Africain.

En août, Slate rappelait que «la pénurie, sur le terrain, de gants et de masques» était notamment l'une des raisons de la contamination des soignants.

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