Culture

La Suède cherche un mot pour désigner la masturbation féminine

Temps de lecture : 2 min

Cette pratique, que beaucoup associent à une activité essentiellement masculine, reste tabou dans de nombreux pays quand elle concerne les femmes. Une association suédoise essaye de trouver un mot du langage courant pour la désigner.

Vénus endormie, de Giorgione (détail, 1510)  Wikimedia CC
Vénus endormie, de Giorgione (détail, 1510) Wikimedia CC

Le suédois est une langue très riche. Par exemple, le mot «bortsupen» veut dire «je l'ai perdu parce que j'avais trop bu». En revanche, cette langue fait face à une pénurie de vocabulaire pour parler de masturbation féminine. L'association suédoise RFSU, qui «favorise un dialogue ouvert et positif sur les relations de couples et leur sexualité», a ainsi décidé de lancer une grande consultation.

«Beaucoup de gens estiment qu'il n'y a pas d'équivalent évident de "se branler". Le mot "masturbation" est perçu comme très clinique, et "se branler" est considéré par beaucoup comme ayant une connotation masculine», explique le communiqué de presse.

«Quand on parle de masturbation, les gens pensent que ce sont surtout des hommes qui le font, et pas que c’est aussi commun chez les femmes, précise la porte-parole de l’association Kristina Ljungros au journal The Local. Si nous n’avons pas de mot dans le langage, comment pourrait-on en parler?»

La Suède est réputée pour son respect de l’égalité hommes-femmes et sa plus grande ouverture en matière de discussion autour de la sexualité. Fin octobre, un classement du Forum economique mondial plaçait d'ailleur le pays en quatrième position sur le sujet, malgré des écarts de salaires grandissants. «Mais l’absence d’un mot commun pour la masturbation féminine suggérait qu’il n’y a pas d’égalité des sexes en Suède», nuance Kristina Ljungros.

Cette activité, quelque soient les sociétés, devient tabou dès qu’elle concerne les femmes. The Telegraph expliquait l’année dernière qu’au Royaume-Uni par exemple, les discussions se concentrent sur les sex toys, et pas sur comment se masturber ou comment cela pourrait être vu dans une relation de couple. «Le problème vient de comment on en parle, et du langage que nous utilisons», explique le journal. En France, les Inrocks citaient en août dernier les chiffres fournis par le sexologue Philippe Brenot: «En 2012, 68 % de femmes confiaient se masturber régulièrement (elles n’étaient que 19 % en 1970) contre 87 % pour les hommes.»

La «compétition nationale» lancée par RFSU a reçu un grand succès: plus de 1000 propositions ont été envoyées. La liste a ensuite été réduite à 34, et les Suédois peuvent désormais voter jusqu’au dimanche 30 novembre. On peut relever la présence des mots «Klittra», «pulla» et «selfa» dans la liste finale (le mot suédois pour «se branler» est «runka»). Les trois expressions les plus populaires seront alors discutées lors du sommet de l’association RSFU en juin prochain et le gagnant sera désigné dans la foulée.

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