Comment vérifie-t-on l'identité sexuelle des athlètes?
Un simple coup d'oeil sur les organes génitaux des athlètes ne suffit pas à déterminer leur identité sexuelle.
- Kim Kyung Hoon / Reuters -
Mercredi 19 août, Caster Semenya, une Sud-Africaine de 18 ans, a gagné la médaille d'or du 800 mètres femmes aux championnats du monde d'athlétisme. Cependant, Semenya n'a guère eu l'occasion de célébrer sa victoire, car elle a «été l'objet de rumeurs et de médisances au sujet de sa morphologie et ses traits masculins.» En conséquence, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a demandé à la coureuse de passer un test de «vérification d'identité sexuelle.» En 2006, Melonyce McAfee expliquait qu'il n'était pas si simple de distinguer un homme d'une femme.
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En 2006, l'athlète indienne Santhi Soundararajan perdait sa médaille d'argent gagnée aux Jeux asiatiques, après que le Comité Olympique Indien eut annoncé qu'elle avait échoué à un test d'identité sexuelle qu'elle avait passé peu après sa course. Un «test d'identité sexuelle» est-il aussi facile à réaliser qu'il en a l'air?
Non. Vous ne pouvez pas savoir si un athlète est homme ou femme en jetant tout simplement un œil sur ses organes génitaux. Certains individus sont nés avec des organes sexuels ambigus pendant que d'autres ont une anatomie visible qui ne correspond pas à leurs chromosomes sexuels. Les craintes que des athlètes masculins concourent avec des femmes aux Jeux olympiques ont conduit à la mise en place d'examens médicaux obligatoires pour les femmes pendant les années 60, qui ont été rapidement supplantés par des tests d'identité sexuelle basés sur les chromosomes. Des officiels prenaient des échantillons de salive et faisaient un simple test pour vérifier la présence de deux chromosomes X. Cette méthode s'est avérée peu fiable, car il est possible pour un homme biologique d'avoir un deuxième chromosome X (XXY) ou pour une femme d'avoir un seul chromosome X.
Le sexe d'un embryon est déterminé très tôt dans son développement. Si certains gènes qui déterminent le sexe sont présents, le foetus développera des gonades, qui, à leur tour, produiront de la testostérone. C'est la testostérone qui fait du fœtus un garçon. Normalement, les gènes importants pour cette différenciation se trouvent sur le chromosome Y. A partir des J.O. d'hiver de 1992, les officiels ont testé la présence d'un de ces gènes, appelé SRY (la région déterminant le sexe du chromosome Y) - si vous l'aviez, vous ne pouviez pas concourir avec les femmes. Mais ce test n'a pas marché non plus. La présence du gène SRY, ou même d'un chromosome Y, n'indique pas toujours qu'une personne est un homme. Certains individus nés avec un chromosome Y développent tous les traits physiques d'une femme à part les organes sexuels féminins. Ceci peut être le résultat d'une mutation d'un des gènes sensibles à la testostérone. Un individu atteint de cette disposition (appelée «syndrome d'insensibilité aux androgènes» [AIS]) peut bien posséder des chromosomes XY et même des gonades. Mais elle sera une femme, parce que son corps est insensible à la testostérone qu'il produit. Les autres symptômes du syndrome sont des organes génitaux sans poil et l'absence de règles. (Il y a des rapports indiquant que Soundararajan «n'avait pas encore atteint l'âge de la puberté»).
Puisque la testostérone aide au développement des muscles et de la force, un cas de syndrome d'insensibilité aux androgènes ne donnerait pas à une athlète un avantage compétitif; ça serait plutôt un handicap. Sept des huit femmes qui ont été testées positives à la présence d'un chromosome Y pendant les Jeux Olympiques d'été de 1996 à Atlanta avaient une forme d'AIS. On leur a permis de concourir.
A la fin des années 1990, le Comité international olympique (CIO) a commencé à faire des évaluations plus complexes menées par un panel d'experts pour prendre en compte toutes ces ambiguïtés. Le panel se constitue de gynécologues, d'endocrinologues, de psychologues et d'experts des questions de transgenre. Les officiels cherchent toujours les gènes du chromosome Y; les gynécologues pratiquent des examens médicaux; les endocrinologues diagnostiquent des mutations génétiques et des dispositions hormonales qui en sont le résultat; et les athlètes pourront recevoir du soutien psychologique si elles en ont besoin.
Le test obligatoire d'identité sexuelle pour participer aux Jeux Olympiques a été arrêté en 1999, mais les règlements du CIO et de l'IAAF permettent de réaliser de tels tests si le sexe d'une athlète est contesté par une autre athlète ou équipe ou par les officiels de l'événement sportif. (On dit que le contrôle de Soundararajan est issu d'une telle contestation). Certaines athlètes sont appelées pour un examen complet suite au contrôle anti-dopage où elles donnent un échantillon d'urine. Des officiels suivent en effet toute la procédure pour s'assurer que les athlètes n'échangent par leur urine pour celle d'une autre, ils peuvent donc à cette occasion signaler une personne dont les organes génitaux ne correspondent pas au genre déclaré.
Par ailleurs, des athlètes qui ont eu des interventions médicales pour changer de genre sont autorisés à concourir dans la catégorie correspondant à leur nouveau genre, à condition qu'ils (ou qu'elles) suivent les règles.
Melonyce McAfee.
Traduit par Holly Pouquet.
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Image de Une: Kim Kyung Hoon / Reuters
Mis à jour le 25/08/2009 à 12h01












































Là où je suis épaté, c'est de lire que l'ambigüité sexuelle n'est pas du tout incompatible avec des performances sportives de niveau international. Car enfin courir le 800 mètres en moins de 2 minutes n'est pas donné à tout le monde. Le principe du rasoir d'Occam m'incite plutot à penser à un banal cas de tricherie qu'à un nouveau mystère de la nature.
Attendons les résultats des tests.
https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=1476821&Site=DC&BackColorInternet=F5CA75&BackColorIntranet=F5CA75&BackColorLogged=A9BACE
Le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe s'est clairement exprimé (ci-dessus, 29 Juillet 2009) sur ces questions, mais entre les recommandations et l'application des lois, encore faut-il que celle ci existent !
A force de vouloir absolument mettre l'humanité dans deux cases, on ne contribue en fait qu'à institutionnaliser la discrimination...
Il existe de nombreux cas différents d'hermaphrodisme, faut-il pour cela en faire une catégorie globale sous prétexte qu'ils ne sont pas XY ("Hommes") ou XX ("Femmes").
Faut il ensuite faire une discrimination pour mettre à part les hommes devenus femmes et, bien entendu les femmes devenues hommes ???
Après ça, il restera à faire des compétitions spéciales pour les noirs, distinctes de celles des blancs, et des jaunes... sans oublier qu'il y a des métis dans tous les coins...
Sans compter qu'on organise des jeux "gays"... et, logiquement par contre, des jeux paralympiques (Pistorius est un tricheur parce que ses prothèses de jambes l'avantagent !!)
Berlin... 1936.... Jesse Owens... il y avait bien un petit moustachu qui trouvait ses performances anormales !
Lors des championnats du Canada 2006 de mountain bike, remportés par Michelle Dumaresq, homme devenu femme... la seconde, Danika Schroeter, a eu le bon goût d'arborer sur son maillot: "100% pure woman champ"...
Sa fédération lui a collé trois mois de suspension.
Y aurait-il des individus ayant moins de droits que d'autres sous prétexte qu'ils ne sont pas XY ou XX ??
Etoile jaune ou Triangle rose pour les mettre en évidence ??
Heureusement, l'IAAF a parfaitement prévu ces cas dans ses règlements médicaux (référence sur demande).
Mais s'il s'avérait que la masculinisation apparente de Caster Semenya était le résultat d'une tricherie, modèle ex-bloc soviétique des années 80 (et avant) (qui persiste encore certainement ici ou là), les coupables de cette tricherie devront être sanctionnés, et elle n'en serait, jusqu'à preuve d'une contraire, qu'une victime à plaindre plus qu'à blâmer !
Merci quoique je ne sois pas d'accord sur la masculinité apparente de Caster Semenya. D'abord elle est noire et comme on le voit les noires n'ont pas les cheveux qui poussent beaucoup, alors forcement elle ne montre pas une chevelure onduleuse et bouclée ou meme une queue de cheval, et si on regarde de plus pres sa musculature est tres loin de ressembler à celle de garçon de son âge. Genre le tennisman espagnol dont j'ai oublié le nom. On peut dire aussi que les sportives de haut niveau ont une perte de volume de la glande mammaire et quelque fois n'ont pas de poitrine tout court ( personnellement j'ai une amie qui a eu 2 enfants et dont la poitrine est plate absoluement plate sauf le teton car elle a allaité ses 2 enfants pendant longtemps) Caster n'a pas eu ce vécu et donc son manque de poitrine n'est pas a mettre sur le compte d'une virilisation. D'autre part elle ne présente pas de partie génitale type masculin. et sur acte de naissance elle est de sexe féminin. A moins qu'elle soit atteinte par une forme de syndrome du type insensibilité aux androgènes il est normal qu'elle produise des androgènes en masse mais comme son corps y est insensible elles est par contre défavorisée par rapport aux autres femmes qui courrent avec elles. Et puis est elle vraiment au courant de sa génétique si problème il y a. Faut il ressembler à Jane mansfield pour faire du sport de haut niveau