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Le Parlement européen va peut-être demander une scission de Google

Will Oremus, traduit par Grégor Brandy, mis à jour le 22.11.2014 à 14 h 22

Google Logo in Building43 Robert Scoble via Flickr CC License by

Google Logo in Building43 Robert Scoble via Flickr CC License by

Google est devenu trop puissant, les parlementaires européens en sont convaincus, et il est peut-être temps pour le gouvernement de tout casser.

C'est ce que cache le projet de motion que des leaders du Parlement européen sont en train de préparer pour un vote jeudi, comme le rapportent le Financial Times et Reuters. Cette motion ne pourrait cependant pas devenir loi puisque le parlement n'a pas d'autorité directe sur Google pour lui ordonner une scission de ses activités. Pourtant, ceux qui poussent ce texte pensent que la motion va passer, ce qui mettrait la pression sur la Commission européenne pour que, elle, puisse prendre des sanctions.

La motion, présentée par des membres allemands et espagnols ne mentionne jamais Google en tant que tel, remarque Reuters. Mais le géant de Mountain View est la principale cible, pour que la Commission européenne vienne à considérer «la dissociation des moteurs de recherche des autres services commerciaux» dans l'intérêt de la libre concurrence.

L'idée est que la dominance du moteur de recherche de Google lui donne trop de contrôle sur ce que les gens voient quand ils utilisent Internet. Par exemple, Google est souvent accusé de faire mieux remonter ses propres services plutôt que ceux de compagnies rivales, comme Yelp.

Google avait été innocenté de tels faits, l'année dernière, par la Federal Trade Commission qui «contrôle les pratiques commerciales anticoncurrentielles», aux Etats-Unis. Comme je l'avais expliqué à l'époque, Google n'était cependant pas tout à fait innocenté de manipuler les résultats de recherche. C'est juste que la FTC avait décidé qu'une telle manipulation pouvait être «justifié de façon plausible», comme positive pour les consommateurs.

L'Europe est bien moins enclin à accorder à Google le bénéfice du doute. La Commission européenne a enquêté sur Google pendant des années, et l'ancien commissaire européen à la concurrence avait menacé l'entreprise d'une enquête antitrust. C'est son successeur, Margrethe Vestager, qui décidera de la suite de cette affaire.

Google a déjà enduré un coup dur un peu plus tôt cette année, quand la Cour de justice de l'Union Européenne a déclaré que le géant devait honorer le «droit à l'oubli», en supprimant certains contenus des résultats de son moteur de recherche.

Mais une tentative de scinder la compagnie serait synonyme d'une attaque encore plus radicale contre les opérations de Google en Europe, et on pourrait imaginer une réponse américaine du même type. Même une motion non-contraignante du Parlement serait une avancée plutôt dramatique. Comme le note le Financial Times: «Un vote pour réprimander une grande compagnie américaine est extrêmement rare au Parlement européen, et est en partie le reflet de la position des politiques allemands qui se sont rebellés contre Google cette année.»

Reuters ajoute que ce ressentiment contre Google grandit depuis plusieurs années en Europe:

«Google a essayé de contrer cette méfiance. Ses dirigeants estiment qu'elle est liée aux perceptions européennes contre les Etats-Unis en général. Mais les récentes révélations sur les pratiques de surveillance américaines –dont le fait que Washington a mis sur écoute le téléphone d'Angela Merkel– ont déclenché de violentes réactions, particulièrement en Allemagne, où les expériences historiques du nazisme et du communisme ont laissé les gens suspicieux des institutions puissantes qui contrôlent les données personnelles.»

Les défenseurs de Google, cependant, pensent que les hommes politique européens sont largement motivés par le désir de protéger les médias et éditeurs de leur pays.

Will Oremus
Will Oremus (151 articles)
Journaliste
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