Frédéric Beigbeder, un Renaudot pour une ligne de coke
Il règle ses comptes avec un «Etat policier».
- Frédéric Beigbeder, Grasset -
Frédéric Beigbeder remporte le prix Renaudot 2009 pour son livre Un Roman français. C'est un prix qui ne récompense ni l'imagination, ni la découverte, explique Grégoire Leménager sur Bibliobs, «puisque le Roman français de Beigbeder est autant un roman que les Confessions de Rousseau (la comparaison s'arrêtant à peu près ici)» et que son «cruel déficit de soutien médiatique» n'est pas évident. Slate.fr republie ici le papier d'Alexandre Lévy, qui explique comment Beigbeder règle ses comptes, dans son livre, avec l'Etat policier.
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Nous sommes le 29 janvier 2008. «Je vous préviens: si vous ne me libérez pas tout de suite, j’écris un livre !» crie de sa cellule de dégrisement un homme placé la veille en garde à vue pour usage de stupéfiants. En compagnie d’autres noceurs, il avait été pris en sniffant un rail de cocaïne sur le capot d’une Bentley, dans le VIIIe arrondissement de Paris. «Vous êtes dingues de faire ça sur la voie publique, planquez-vous aux chiottes comme tout le monde! C’est de la provocation, là!», s’exclament les flics. «Nous ne sommes pas tout le monde, mon commandant. Nous sommes des écrivains. Okay?», leur rétorque-t-il. Direction le commissariat, toutes sirènes hurlantes.
Plus d’un an et demi après les faits, Frédéric Beigbeder —puisque c’est de lui qu’il s’agit— publie Un roman français (Grasset), son onzième ouvrage, déjà annoncé comme un best seller de la rentrée littéraire 2009. Tous les ingrédients du buzz médiatique y sont: une polémique sur des pages censurées, un récit autobiographique en roue libre et, last but not least, une critique frontale contre la police et la justice françaises. Lors d’un entretien sur France-Info, Frédéric Beigbeder évoque ces «colères» qui ont motivé l’écriture du livre: un procureur pervers et surpuissant et la conviction que la France est en passe de devenir un «Etat policier». Il parle de la garde à vue et, plus généralement, de l’emprisonnement comme d’une «forme de torture».
Un bourgeois derrière les barreaux
L’épisode de la GAV (garde à vue dans le jargon policier) sert, en fait, à la fois de prétexte et de fil conducteur à ce livre introspectif dans lequel Frédéric Beigbeder s’attaque à une sorte «d’Atlantide» de sa vie, à savoir l’enfance. Les pages relatant les conditions de détention et les réflexions qu’elles inspirent à l’auteur viennent pour donner une respiration (ou vice-versa?) aux épisodes purement autobiographiques. Mais elles ne sont pas moins réalistes. L’auteur décrit avec une précision clinique une réalité sans appel, celle de la misère des lieux de détention, des cellules des commissariats à la prison de la Santé en passant par le tristement célèbre «dépôt» de l’île de la Cité. C’est une «honte» pour la France, dit l’auteur qui n’est pas sans savoir que ces critiques ne sont pas nouvelles. Les médias, mais aussi les institutions européennes, ont à plusieurs reprises brocardé la France à ce sujet. On pourrait même dire qu’il enfonce une porte ouverte tant la réalité qu’il dénonce a fait l’objet d’articles, d’études et des prises de position. La surprise est que, cette fois-ci, la charge vient d’un «enfant gâté» de la jet-set, d’un «bourgeois» des beaux quartiers parisiens, comme se décrit l’auteur lui-même. «Je ne savais rien, j’ai vécu toute ma vie dans l’ignorance. Je me suis aperçu cette nuit-là que je n’avais jamais souffert», écrit-il en relatant son passage par la «souricière» du Palais de justice.
L'histoire tombe, aussi, en plein milieu de la polémique sur la multiplication des GAV en France. En mai 2009, l'Observatoire national de la délinquance (OND) faisait état d’une hausse de 35,42 % en cinq ans. D'après ce rapport, 577 816 gardes à vue ont eu lieu en 2008 contre 426 671 en 2003. Au cours des douze derniers mois, c'est 1 % de la population qui a été placée sous ce régime de contrainte, soit une personne sur cent. (Ce même rapport se félicitait aussi du taux d’élucidation des affaires, mais cette réalité-là, tout comme les causes possibles de l’explosion des GAV – durcissement des mouvements sociaux, multiplications des attaques contre des fonctionnaires de police… — restent peu commentées.) «Jeunes habitants des quartiers difficiles, infirmières, syndicalistes, agriculteurs, étrangers en situation irrégulière, enseignants... la garde à vue concerne toutes les catégories de la population», constatait Le Monde dans une longue enquête sur le sujet, publiée le 4 février 2009. La GAV concerne désormais l’auteur de 99 francs : «Il vous suffit de boire trois verres de vin et de prendre le volant, de tirer une bouffée de joint qu’on vous a tendu, d’être raflé lors d’une bagarre ou embarqué lors d’une manifestation, et si le juge ou le flic est mal luné, si vous êtes connu et qu’ils veulent se payer votre tête, ou juste arbitrairement, par pur plaisir sadique (…) et vous irez séjourner au dépôt», s’énerve-t-il.
Dialogue entre la loi et l'artiste
Beigbeder ne manque pas de décrire aussi dans le détail son face à face avec l’officier de police judiciaire (OPJ) qui le met en garde à vous. «Pourquoi vous droguez vous ?» lui demande-t-il. «Quête de plaisir fugace», lui répond l’écrivain qui déroule la longue liste des griefs qu’il a envers la société et de ceux qui, en littérature, l’ont le plus influencé pour qu’il rejoigne le «Cercle des poètes détenus». L’OPJ qui «cherche à ressembler à Yves Rénier» est néanmoins épargné par le ridicule. Aux propos de l’écrivain éméché, il oppose des arguments auxquels beaucoup de personnes sensées souscriront des deux mains: sur le fléau que représente la drogue parmi les plus jeunes, sur le côté provocateur de Beigbeder, sur les dégâts de la coke sur la mémoire, sur le fait, enfin, que l’écrivain ne se contente pas de faire du mal à lui, mais aussi à ses proches (il a une fille en bas âge…) C’était une «conversation entre la loi et l’artiste», résume aujourd’hui Beigbeder sur France-Info.
Un Beigbeder qui n’en démord pas : «J’ai le droit de tomber bien bas. Il existe un droit fondamental, celui de s’autodétruire», poursuit-il. Mais que vient faire dans son livre l’évocation des lois antijuives (auxquelles sans-famille a désobéi) lorsque le policier lui rappelle que le droit s’applique à tous, y compris aux écrivains déjantés ? «La police française a toujours eu une façon très humaine d’être inhumaine», écrit encore l’auteur et l’on se demande à quelle époque fait-il allusion. Et quel rapport avec les stupéfiants? Dans le monde idéal de Beigbeder lorsque des policiers tombent sur des jeunes des beaux quartiers en train de se «taper des rails de coke» doivent-ils détourner leur regard ou leur enjoindre gentiment d’aller se droguer ailleurs? Souhaite-il réellement vivre dans un tel monde? Frédéric Beigbeder a été aussi, par le passé, cité comme juré dans une cour d’assises. A ce titre, comme cela peut arriver à n’importe qui d’entre nous, il a condamné des responsables de meurtres et de viols. Or, il avoue aujourd’hui qu’il serait «beaucoup plus clément» après avoir fait lui même l’expérience de l’enfermement. Mais il ne propose aucune alternative à l’éloignement de la société de ceux qui ont été reconnus coupables de faits graves.
C’est certainement à la lecture de ces passages que Beigbeder devient beaucoup moins crédible, du moins au sens journalistique du terme. Ce qui n’a probablement jamais été son but: «Je me venge avec mes petites armes d’écrivain», dit encore à propos de son livre, notamment au sujet du Procureur de Paris, Jean-Claude Marin, qu’il croit responsable (à tort, selon le parquet) de la prolongation de sa garde à vue. Dans une première version de son livre, le magistrat est traité sur quatre pages de toutes sortes de noms d’oiseaux. Mais par peur d’éventuelles poursuites judiciaires, l’éditeur a demandé à Beigbeder d’atténuer ses attaques, ce qui donne néanmoins quelques passages plutôt drôles sur un «Jicé» bien habillé pour l’hiver. Mais rien de bien spectaculaire. Le lecteur attiré par le parfum de la polémique restera sur sa faim un peu comme cette ménagère qui a cru, une fois de plus, à un slogan publicitaire qui lui promettait un nouveau produit miracle pour récurer les lavabos sans frotter. Mais tout cela n’empêche nullement Un roman français d’être un bon roman. Au lecteur d’en juger.
Alexandre Lévy
Image de une: Frédéric Beigbeder, Grasset
Mis à jour le 02/11/2009 à 13h26












































Nombreux sont ceux qui se diront à la lecture du livre de Beigbeder que l'incident n'est pas un acte isolé... M'étant fait voler tout mon matériel photo à Annemasse, la vitre de ma voiture brisée, je me suis fait traité en criminel en allant déposer plainte au poste de police. Parce que j'avais bu 2 cocktails, parce que les pneus de ma voiture étaient un peu lisses, parce que j'ai osé me plaindre qu'attendre une heure au poste avant que quelqu'un veuille bien prendre ma déposition était scandaleux. Pas la peine de mentionner les railleries lorsque je demandai comment présenter le cas à mon assurance ou si une enquête allait être menée. Evidemment, se faire voler pour 6000 euros de matériel photo n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan des crimes actuels. Mais quand le boucher se fait voler ses couteaux ou quand le bûcheron se fait voler sa hache, il s'attend à un minimum d'action de la part des forces de l'ordre, sinon un peu d'empathie. Mon parrain a dû quitter La Queue-en-Brie après le 17e cambriolage de sa librairie, pour devenir hôtelier dans le sud-ouest. C'est tout juste si on ne l'accusait pas de provocation parce qu'il vendait des sucreries.
Aujourd'hui, marcher dans une rue française vous donne l'impression d'être suspecté en permanence. De quoi au juste? D'exister? La police s'est toujours plainte de manquer de moyens. Maintenant qu'elle les a, elle les utilise plus à nous pourrir la vie qu'à oser s'aventurer dans les quartiers chauds pour y mettre un peu d'ordre, ou oser voyager dans les transports publics ("c'est dur, hein?"). C'est un modèle anglo-saxon qui ne résout rien à mon avis. Prévention vaudra toujours mieux que répression. Beigbeder n'est peut-être pas aussi brillant écrivain que Zola mais il a le courage d'accuser.
Alors surtout ne partez pas dans un autre pays, vous seriez terrorisé. Rien qu'en Angleterre, la surveillance est plus importante.
Si vous ,vous vous sentez suspecté en permanence dans la rue, j'aimerais savoir de quelle rue vous parlez. En province, justement, on ne voit pas assez de policiers sauf pour les contrôles de vitesse quand les touristes sont partis.
Du coup, des gens bien mal élevés font ce qu'ils veulent comme ils veulent, cette petite délinquance journalière ne fait qu'alimenter le ras le bol ambiant.
Alors....
C'est exactement ce que j'écris... on ne voit le policier que pour contrôler les braves gens (et les autres, ok) ou quand il est trop tard, pour ramasser les morceaux ou dresser les PV... au bout du compte, on sera tous RFIDés (regardez Zeitgeist si ce n'est déjà fait). Les différentes réactions ci-dessous ne font qu'aller dans le sens de cette dérive annoncée (modestement par Beigbeder qui est agréable à lire dans son microcosme), les gens deviennent conditionnés et les artistes enviés et adulés dans les années 60 sont aujourd'hui cloués au pilori de la pensée droite et politiquement correcte, c'est déplorable. Dans le pays probablement le plus policé après la Corée du nord, les Etats-Unis, on trouve de la cocaïne sur 90% des billets de banque (c'est dans Slate)... cherchez l'erreur...
Un écrivaillon se drogue sur la voie publique, un peu comme son héros détestable de 99F, traite les flics avec dédain et supériorité et s'étonne de finir au trou. Il y a plus grave, le bruit médiatique créé par beigbeder est ridicule.
Un petit ecrivain "bobo" à deux sous qui râle parce qu'il a ete pris en train de sniffer de la cocaine sur le capot d'une Bentley et qui en tire des généralités sur la justice et la police de notre pays.
J'ai l'impresssion de rêver... .
Je suis sûr qu'il fera un tabac sur les plateaux de la chaîne cryptée.
Il y a des gens qui sont d'un opportunisme sans limites: au lieu de s'excuser de son acte ce type en profite pour créer une polémique et se faire un peu plus de fric grace à cette sordide histoire.
D'un côté des gens snob, bobos, et plein de frics qui se permettent tout, qui ont tous les droits même celui de sniffer un rail de cocaïne en pleine rue sur le capot de sa jolie voiture parce que cet individu n'arrive même plus à avoir des sensations sans sa dope, de l'autre tout aussi friqués des voyous violents et prêts à tout, et au milieu les "caves" de Français qui se lèvent pour travailler chaque matin pour un salaire de pas grand chose.
Si ce monsieur, qui se dit écrivain mais qui ne sait même pas aligner une phrase à la T.V. n'est pas content de l'état des lieux de détention qu'il s'engage en politique, qu'il soutienne des politiques , qu'il fasse des dons.
Le métier de policier aujourd'hui est un des métiers le plus dangereux, le plus destructeur, le plus mal aimé, le moins reconnu et le moins rémunérateur. Il faut avoir du courage pour vivre avec les images de violence : banlieues, meurtres, enfants maltraités, vols avec violence, nuisances répétées, population affolée, etc...Il faut avoir du courage pour affronter les gremlins dans les banlieues et les parents qui soutiennent ces énergumènes !
L'Etat distribue l'argent comme il peut. Des améliorations sont notables mais encore insuffisantes. Alors il faut choisir : entretenir une immigration inutile et destructrice ou alors investir dans les structures de nos administrations.
M. Beigbeder certainement de gauche, choisira la première option. Alors qu'il nous foute la paix.
Le témoignage de Beigbeder ne semble pas très intéressant, pas très novateur.
Ce qui est étrange c'est toutes les insinuations de cet article. On comprend parfaitement ce dialogue entre l'artiste et la force de l'ordre, et on comprend parfaitement que les deux sont nécessaires.
La loi est toujours à reconstruire parce que la vie est faite d'exception. Peut-être qu'un jour, on peut même parier dessus sauf si l'espèce humaine disparait avant, la justice ne passera plus par l'écriture et la réification, la Loi n'est pas un concept indépassable. L'artiste se retrouve forcément confronté aux limites intrinsèques qu'elle possède. L'évocation du nazisme comme modèle de l'application systématique de la règle, de l'aliénation de l'individu, de la logique industrielle (Gheorghiu en parle très bien par exemple dans la 25è heure qui a le mérite de ne pas considérer la folie nazie comme un simple accident mais comme un processus historique) n'a donc rien de particulièrement surprenant, d'autant plus que justement elle a été faite de nombreuses fois.
Est-ce que ça excuse Beigbeder ? Est-ce que ça justifie son comportement ? Il me semble que ça ne rentre justement pas dans ses considérations, qu'il en a rien à faire du tout. Est-ce pour autant la fin de la justice telle qu'elle est conçue aujourd'hui ? Certainement pas. Est-ce que la loi et les solution juridiques trouvées par notre système social sont indépassables ou indiscutables ? Non, et il est très important de le rappeler sans arrêt: la politique (mais c'est vrai que nous ne sommes pas aidés avec la génération actuelle qui ne pense qu'à revenir dans des dialectiques passées) est un travail de tous les jours, la Fin de l'Histoire est derrière nous.
Les alternatives à l'emprisonnement existent. Non seulement il y en a qui sont exprimées et même proposées démocratiquement, non seulement il y en a eu par le passé (des moins bonnes comme des meilleurs), mais pire il y en a qui sont effectivement utilisées même si c'est en trop petit nombre. Le reproche "il ne propose aucune alternative" est donc une simple blague et détruit ce concept de crédibilité journalistique qui d'ailleurs n'existait déjà pas avant cet article. C'est dommage de finir là-dessus parce qu'on aurait presque pu trouver cet article intéressant. C'est justement le travail du journaliste de parler des alternatives trouvées ou à trouver, pas de bol.
En temps normal, je n'aime pas m'exprimer sur les sites d'information. J'ai l'impression de voir toujours et encore les mêmes opinions tirées de la parabole simpliste et dangereuse: le riche et le pauvre mis en opposition car le pauvre se sent oppressé ou bafoué par le riche et il le lui rend modestement en mépris. C'est de la victimisation, de la lecture maladroite ou plutot tres émotionnelle de la réalité...
Je lis en ce moment "Roman français" et lorsque je vois que le bouquin de Beigbeder est regardé par les slaters comme implicitement "opportuniste", je dois admettre que cet article ne l'est pas moins! Le livre en question est trés loins de ne porter que sur son arrestation même si elle constitue un électrochoc. Non, je trouve que ceux qui s'expriment jugent tels des bovins ce livre faute de l'avoir lu et surtout en raison de leurs mépris pour "les élites intellectuelles d'aujourd'hui". Mais si on s'attache aux faits!! alors on remarquera, avec un peu d’honnêteté, que ce bouquin parle en quantité de page et en message, plus de la vie, de l'enfance, de l'auteur que de la justice française.
Alors d'une part l'objet de cet article est fallacieux et sa nature indéfinie (ca se situe entre du journalisme people et de la vague critique littéraire...) et d'autre part, ce bouquin est une autobiographie et non uniquement une critique bête et méchante du système judiciaire français...
Merci de m’avoir lu…
J'aime bien les bouquins de Beigbeder, même si je n'ai pas encore lu celui-ci. Le personnage en lui-même me semble cependant inférieur à son talent.
Beigbeder est un provocateur. Il en faut. La place était même libre depuis la mort de quelques uns.
Que sa provocation dépasse les bornes, crée des réactions horripilées comme sur Slate.fr, finalement, il ne fait que son métier. Certainement bien payé en plus. L’erreur serait d’assimiler un écrivain talentueux et provocateur à un penseur. Ce que ne manqueront pas de faire les plateaux de télévision. Sans parler de l’éloge sous-jacent de la coke. Un artiste n’est pas un penseur. Un grand nombre d’artistes intelligents se prennent rapidement pour des intellectuels et se dépêchent de débiter tout un tas d’âneries à longueur d’interview. Beigbeder est un écrivain. Ni plus ni moins. C'est déjà bien.
J'adore cette phrase qui a mon avis résume l’immense farce que représentent ce livre, les articles associés et leurs commentaires :
«Je vous préviens: si vous ne me libérez pas tout de suite, j’écris un livre !»
On voit chez ce Monsieur tout le dédin qu'il porte à la socièté qui n'est pas de son côté.
Je crois que ce personnage qui se croit au dessus de tout devrait viter quitter la France brûlé le drapeau et rendre son passeport. Mon commentaire n'est pas de donner raison à la police qui elle aussi, comme les bobos mais pour elle de la hiérachie sociale des pauvres, se permet tout et n'importe quoi, au titre de son nom POLICE = JE FAIS COMME BON ME SEMBLE CAR JE SUIS LA LOI ET MEME PARFOIS AU DESSUS DE LA LOI.
La France dérive mais sur le fond la faute en revient aux politiciens incapables de mettre de la moralité dans leur fonction et donc tout dérive.
Il ne faut pas oublier qu'à la sortie de ce "Roman français" Yann Moix, manitou du Figaro Littéraire, avait promis le Goncourt à son ami Beigbeder.
Ce Renaudot c'est donc bien le minimum acceptable.
Oscar Wilde disait : "le cynique est celui qui connait le prix de toute chose et la valeur d'aucune." Il y a quelques années, alors en plein crise d'adolescence publicitaire, Beigbéder se fendait d'un bouquin à charge contre le métier qu'il pratiquait. Du reste en observant bien son livre, pour moi qui fait ce métier, je réalisais qu'en fait de charge il reflétait le malaise par altérnance de tous les créa de grande agence, désespérant de ne pas être des artistes, et subissant de plein fouet les alléas de leur métier. Il n'était en vérité aucunement à charge, ce n'était qu'une petite vengeance, pas très bien écrite, mais qui rencontra son public au fait de la démagogie sur ce sujet. Plusieurs années plus tard, le même Beigbéder posait, fiérot, le livre de Baudrillard à la main pour les Galerie Lafayette. Choix sans doute motivé par le fait que les russes en sont d'excellents clients et que Beigbéder est apprécié là bas pour ce fameux livre. Désepérant de ne pas être un artiste, il est devenu tête de gondole, à quoi ce résume une ambition...
Aujourd'hui le voilà embringué dans un tout petit scandale de coke et de se mettre en charge de dénoncer l'état policier. Je remarque au passage que les pandores le reconnaissant lui adjoignent de se cacher et lui au lieu de comprendre, fanfaronne. Il y a des centaines de GAV pour un joint, un bout de shit chaques jours à qui ont n'a pas même offert cette possibilité, ce conseil. Et croyez bien qui plus est que les flics sont assez coulant pour ce genre de petit délit, je peux en témoigner. Il y en a tellement... De là ce petit bonhomme de découvrir ce que des sans papiers découvrent tous les jours (en effet les géoles sous la pref sont une honte républicaine). Le voilà à disserter sur le sujet pour vendre son roman (mieux écrit du reste à ce que j'ai pu juger de la page de garde, mais même améliorer la lessive reste de la lessive, je passerais donc) sa came je dirais, cela me semble de circonstance. Mais contenu de ses antécédants je ne serais pas très surpris demain le voir faire de la retape pour la gendarmerie.
Quand à parler de provocateur... moi quand je vois un petit marquis ça ne m'évoque pas de la provocation plutôt du conformisme. Il est à l'image d'une présidence qui disait vouloir, je cite : " se retirer pour s'imprégner de la fonction présidentiel" et qu'on a retrouvé vautré sur un yacht milliardaire (quoique dans son cas ça reflette en effet l'idée qu'il se fait de la fonction). Bref on a les écrivains que l'on mérite, celui là est le reflet de son époque, cynique qui se déballonera à la prochaine occasion, il peut donc tout à fait nous parler de ce grand père mort sur le champs de bataille (au début du livre) il est bien placé pour parler de courage, c'est le propre des fins de race de gloser de ce qu'ils ignorent.