Égalités

Les Américains disent oui à l'égalité des droits pour les gays, moins aux bisous en public

Temps de lecture : 2 min

A Malaga, en Espagne, en janvier 2014. REUTERS/Jon Nazca
A Malaga, en Espagne, en janvier 2014. REUTERS/Jon Nazca

Accepter que les homosexuels aient les mêmes droits que les hétéros est une chose, mais être à l'aise devant un couple gay qui s'embrasse, c'est apparemment un peu plus compliqué.

Une étude publiée dans l'American Sociological Review a analysé cette divergence: des sociologues de l'université de l'Indiana ont fait lire des histoires sur des couples imaginaires –hétéros, gays et lesbiens– à mille Américains.

70% des personnes sondées étaient d'accord pour dire que les couples gay et lesbiens devaient avoir les mêmes droits que les couples hétérosexuels en ce qui concerne les successions ou les visites à l'hôpital. Mais lorsqu'on leur a demandé s'ils approuvaient que «Jennifer et Heather» ou «Matt et Brian» s'embrassent en public, leur attitude était moins ouverte.

Alors que 95% des personnes n'avaient aucun problème avec le fait que «Jennifer et Brian» se fassent un bisou dans un parc, 55% n'approuvaient pas le baiser public entre deux hommes. Voir deux lesbiennes qui s'embrassent passaient mieux, avec 70% d'opinions «favorables».

Long Doan, l'auteur de l'étude, explique que ces résultats confirment un phénomène assez traditionnel selon lequel l'acceptation de l'égalité formelle est plus facile à obtenir que la tolérance quotidienne des différences de l'autre.

«Nous avons eu des lois sur les droits civiques bien avant que les Américains aient des attitudes positives envers les minorités ethniques...Les préjugés plus subtils et informels persistent plus longtemps.»

Résultat étonnant de l'étude: les homosexuels sondés sont également peu favorables aux marques d'affections publiques entre gays. Alors qu'ils approuvent les baisers publics entre hétéros, ils sont beaucoup plus réticents face aux marques d'affection entre personnes de même sexe.

L'article n'analyse pas ce détail, mais il pourrait s'agir d'une peur de potentielles réactions homophobes.

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