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Un jour, Apple aura la mort d'un enfant sur la conscience, selon le département de la Justice américain

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 20.11.2014 à 12 h 17

Repéré sur Wall Street Journal, ArsTechnica, Gizmodo

Devant l'Apple store de Hong Kong en 2013. REUTERS/Bobby Yip

Devant l'Apple store de Hong Kong en 2013. REUTERS/Bobby Yip

Visiblement, la justice américaine n'apprécie pas vraiment le nouveau chiffrement d'Apple qui l'empêche d'avoir accès aux données contenues dans ses appareils. Le Wall Street Journal raconte ainsi cette anecdote datant du 1er octobre:

«Le numéro deux du département de la justice a fait passer un message assez direct aux dirigeants d'Apple le mois dernier. La nouvelle technologie de chiffrage qui empêche les forces de l'ordre d'avoir accès aux iPhones verrouillés va mener à une tragédie. Un enfant va mourir, a-t-il expliqué, parce que la police ne pourra pas fouiller le téléphone d'un suspect, raconte une des personnes qui a assisté à l'entretien.»

Pour comprendre pourquoi James Cole est si énervé, il faut remonter au mois de septembre et aux annonces faites par Apple. Comme le rappelle ArsTechnica:

«Cela signifie que même si un mandat arrive chez Apple, l'entreprise sera incapable de retrouver de potentielles preuves cruciales, comme des photos, des messages ou des contacts stockés sur les iPhones et iPads. Au lieu cela, seules les personnes qui connaissent le mot de passe –qui sert de clé de chiffrement– peuvent y avoir accès.»

Ce n'est d'ailleurs pas la première sortie de ce genre. Fin septembre, le directeur du FBI, James Comey, avait largement critiqué la politique de protection de données proposées par Apple sur iOS et Google sur Android, rappelait l'AFP.

«Il a insisté sur le fait que les forces de l'ordre devaient pouvoir avoir accès au téléphone portable d'un kidnappeur d'enfant et à son contenu après l'obtention d'un mandat. Le chef du FBI a estimé que dans "l'ère post-Snowden", c'était "une indication" que certaines entreprises allaient "trop loin".»

Fin septembre également, dans le Washington Post, Ronald T. Hosko, le président du Law Enforcement Legal Defense Fund et ancien directeur assistant de l'unité d'enquête criminelle du FBI, fustigeait lui aussi l'entreprise de Cupertino:

«Ce genre d'informations peut aider les forces de l'ordre à vite résoudre de grosses affaires. Par exemple, des criminels arrivent à échapper aux interceptions en communiquant leurs plans via Snapchat ou via des vidéos. Leurs téléphones contiennent des contacts, messages, et des données géolocalisées qui peuvent aider la police à retrouver leurs complices. Ces nouvelles règles vont nous rendre impossible l'accès à de telles informations. Elles créeront des délais qui coûteront la vie à des victimes.»

Pourtant, comme le rappelle Wired, ce chiffrement ne va pas forcément arrêter les agents qui veulent avoir accès à ces données. Un expert de la sécurité des produits Apple, Jonathan Zdziarski, avait ainsi expliqué au magazine qu'il était en mesure d'avoir accès aux données contenues dans le téléphone sans avoir le mot de passe:

«Je peux le faire. Je suis sûr que les gars avec les costumes au sein du gouvernement peuvent aussi le faire. Et je suis sûr que trois ou quatre outils publicitaires peuvent également le faire.»

Et comme le détaille Gizmodo, le chiffrement ne devrait pas être vu comme quelque chose de mauvais, mais comme une avancée:

«Le chiffrement améliore la vie privée et c'est une bonne chose. Il améliore aussi la sécurité. Et même si cela rend le travail des forces de l'ordre un peu plus compliqué parfois, il est important de défendre nos droits constitutionnels à ce moment de notre histoire. Le sensationnalisme n'a jamais permis à qui que ce soit de se sentir plus en sécurité.»

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