Science & santé

Dans l'espace, on est un peu plus grand mais la bouffe n'est pas top

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 20.11.2014 à 7 h 34

Repéré sur Wired

Marsha Ivins dans l'espace | NASA [domaine public], via Wikimedia Commons

Marsha Ivins dans l'espace | NASA [domaine public], via Wikimedia Commons

De Gravity à Interstellar, en passant par le succès des missions (bien réelles celles-ci) Curiosity sur Mars ou Rosetta/Philae sur Tchouri: ces derniers temps, l'humanité se passionne pas mal pour l'espace. Mais au-delà des films et des petits robots qu'on envoie sur des comètes, concrètement, ça fait quoi d'être un humain envoyé là-haut?

Une astronaute américaine témoigne sur Wired. Marsha Ivins est allée cinq fois dans l'espace dans le cadre de missions pour la Nasa, passant au total près de 55 jours loin de la Terre. Et raconte en détail l'étrange sentiment que procure ce drôle de tour, quelque part entre conscience du caractère exceptionnel de l'aventure et prosaïsme du quotidien.

Au-delà de l'effet «waouh» provoqué par le panorama de la planète Terre, ce fameux effet que certains aimeraient faire vivre à chaque terrien, comme nous l'écrivions il y a quelques jours, vivre dans l'espace pose aussi des questions très pratiques. Notamment parce que la physique qui prédomine là-haut, et notamment l'environnement en zéro-gravité (qui fait flotter les objets), crée un sacré chamboulement au niveau du corps.

Pour commencer, les fluides remontent vers la tête, raconte l'astronaute:

«C'est un chouette lifting! Et votre ventre devient plat. Vous vous sentez grandi, parce que vous gagnez 2 à 5 centimètres.»

L'inconvénient, c'est que tout cela cause un énorme mal de crâne que le corps évacue, chose pas banale, en faisant pipi. Il y a aussi les problèmes de nausée, dans la mesure où les notions de haut et de bas se retrouvent un peu bousculées.

La bonne nouvelle, c'est que le corps se souvient: en cas de deuxième voyage, il s'habituera bien plus vite aux conditions d'impesanteur. La mauvaise, poursuit Marsha Ivins, c'est que le goût de la nourriture, lui, ne s'améliorera jamais:

«[...] entre le manque de gravité et le déplacement de fluides, les choses peuvent avoir un goût différent dans l'espace. J'avais apporté un super chocolat avec moi et il avait le goût de cire –c'était très décevant.»

Ajoutez à tout cela la nécessaire rééducation lorsque l'on revient sur Terre, quand les muscles sont tout mous et que l'oreille interne, cette partie qui gère l'équilibre, est toute chamboulée, elle aussi, à tel point que le moindre mouvement est suivi d'une chute.

Mais malgré ces inconvénients, l'enthousiasme et l'époustouflant ne sont jamais très loin. L'astronaute raconte ainsi comment elle a dormi quelques jours face à la Terre, plaçant son sac de couchage de telle sorte qu'elle puisse s'offrir au réveil un spectacle à couper le souffle, que peu d'humains ont eu la chance de contempler.

A noter néanmoins, pour éviter de vous gâcher la vue (et d'avoir quelques frayeurs): le jour où vous irez là-haut, pensez à bien attacher vos bras. Sinon, ils flotteront devant vous de manière tellement bizarre que vous serez incapable, au moins pendant quelques minutes, de comprendre que ce sont les vôtres.

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