France

Paris n'est pas la France, et les cartes de l'Insee en fournissent une nouvelle fois la preuve

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 19.11.2014 à 19 h 19

L'institut publie son «Portrait social de la France», qui éclaire notamment les écarts de revenus entre les territoires.

Portrait social 2014, Revenus. Insee. © IGN 2014

Portrait social 2014, Revenus. Insee. © IGN 2014

L'Insee a publié, mercredi 19 novembre, l'édition 2014 de son «Portrait social» de la France, une mine de données regroupées en dossiers thématiques tous disponibles sur le site de l'institut. 

Le dossier consacré aux écarts de revenus apporte un éclairage sur les débats récents autour des inégalités territoriales. Pour bien le comprendre, il faut se familiariser avec le lexique de l'Insee. Un «pôle» est une unité urbaine d’au moins 1.500 emplois: il peut s’agir d’une commune ou d’un ensemble de communes. Dans ce dernier cas, le pôle peut inclure une (ou des) ville(s)-centre et sa (ou leurs) banlieue(s). Le pôle est entouré d'une couronne, qui regroupe les communes dont 40% des actifs travaillent dans une commune du pôle. Le pôle et sa couronne forment l'aire urbaine. 

La carte de France des revenus médians de l’Insee fait apparaître un schéma qui se reproduit sur de nombreuses aires urbaines: les revenus augmentent dans la première couronne de celles-ci (les villes-centre sont entourées d’un «un halo de revenus plus élevés») puis baissent régulièrement avec l’éloignement du pôle. 

En zoomant sur les pôles, on observe le même phénomène entre villes-centre et banlieues, avec des banlieues plus aisées que leur centre. D'une manière générale, «c’est dans les villes-centre que les contrastes sociaux sont les plus forts et ils s’accentuent entre 2007 et 2011», note l'auteur du dossier thématique, Jean-Michel Floch. 

Insee: Portrait social 2014. Dossier Revenus

La carte des revenus médians dans l’aire urbaine de Rennes donne «un exemple de décroissance régulière du revenu, qui s’observe autour de nombreuses grandes villes». Le graphique montre une augmentation de ce revenu dans les communes situées autour du centre, puis une baisse régulière.
 
Insee: Portrait social 2014. Dossier Revenus
 
Les deux principales aires urbaines, Paris et Lyon, font toutefois exception. Ainsi, à Paris, «les revenus sont nettement plus élevés dans la ville-centre que dans la banlieue» et que dans la couronne. Sauf si on va vers l’Ouest, partie de la couronne plus aisée que le centre. C’est ce que montrent la deuxième carte et le graphique d’évolution des revenus en fonction de la distance au centre du pôle. 
 


Insee: Portrait social 2014. Dossier Revenus

Dans les pôles que l'Insee qualifie de petits ou moyens (ceux qui comptent respectivement 1.500 à 5.000 emplois et 5.000 à 10.000 emplois), ainsi que dans les communes dites multipolarisées (prises entre l'influence de plusieurs pôles) et isolées (hors d'influence des pôles), les revenus sont plus faibles que la moyenne nationale dans la majorité des cas. Les premiers connaissent une faible évolution de leurs revenus, les seconds une dynamique plus favorable entre 2007 et 2011. Parmi ces communes, les territoires les plus fragiles se situent en lisière du grand Bassin parisien. 

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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