Monde

Pourquoi l'expression «meurtre rituel» employée par Benyamin Netanyahou est si explosive

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 19.11.2014 à 12 h 47

Repéré sur Washington Post, Haaretz

Benyamin Netanyahou lors d'une conférence de presse le 6 août 2014 à Jérusalem. REUTERS

Benyamin Netanyahou lors d'une conférence de presse le 6 août 2014 à Jérusalem. REUTERS

Cinq personnes ont été tuées, mardi 18 novembre, dans un attentat qui s'est déroulé dans une synagogue, à Jérusalem, en Israël.

Comme le détaille Le Monde qui reprend les informations des agences de presse AFP, Reuters et AP, «d'après la police, les deux Palestiniens de Jérusalem-Est qui ont pénétré dans le lieu de culte étaient armés d'une hache et d'un pistolet. Ils ont agi pour venger le "meurtre du martyr Youssef Ramouni", un conducteur de bus palestinien retrouvé mort lundi dans son véhicule à Jérusalem-Ouest, selon le Hamas».

Sur Slate.com, Joshua Keating rapporte les propos de plusieurs médias palestiniens qui expliquent que ce Palestinien de 32 ans –qui avait été retrouvé pendu dans son bus lundi matin– a été tué par des colons. Selon la police israélienne, l'homme se serait suicidé.

C'est d'ailleurs ce qu'a répété le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, mardi soir, lors d'une allocution télévisée, que rapporte le site israélien Haaretz:

«Hier, un conducteur de bus de Jérusalem-est s'est suicidé. Le rapport d'autopsie est clair là-dessus. Mais cela n'a pas empêché la diffusion d'une accusation de meurtre rituel contre les juifs. C'est cette incitation qui a contribué à ce massacre abject.»

L'expression qu'il faut retenir de cette intervention, c'est donc celle-ci: «accusation de meurtre rituel contre les juifs». Le Washington Post résume ainsi que cette expression est particulièrement explosive:

«Elle remonte à l'antiquité, quand les violences commises envers les communautés juives étaient justifiées par de fausses rumeurs de juifs qui enlevaient des bébés chrétiens, qui mangeaient des non-juifs, et participaient à différents atroces et sordides rituels sanguins.»

Avec cette expression, le Premier ministre israélien ravive de nombreuses plaies de l'histoire juive. Dans un article du Time qui date de 2011, Ishaan Tharoor (qui est également l'auteur de l'article du Washington Post) revenait sur plusieurs de ces histoires et rappelait qu'invariablement, elles «servaient à justifier les exécutions massives et les pogroms de communautés juives».

Aujourd'hui, selon le Washington Post, ces accusations servent donc à «ramener vers une histoire profonde, longue et traumatisante pour les juifs. Et Netanyahou pense qu'il est pertinent de l'évoquer dans un contexte déjà stressant et explosif à Jérusalem».

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