Allemagne

En Allemagne, des policiers sont équipés de cagoules anti-crachats

Temps de lecture : 2 min

A Brême, en octobre 2010.  REUTERS/Christian Charisius.
A Brême, en octobre 2010. REUTERS/Christian Charisius.

C'est un drôle de croisement entre un masque de protection dans un bloc opératoire et un chapeau d'apiculteur. Depuis le mois de septembre, toutes les voitures de patrouille de la police du Land de Brême, en Allemagne, sont équipées de cagoules en coton translucide, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel.

Elles sont destinées à protéger les policiers de personnes particulièrement remontées qui se mettent à leur cracher dessus lors d'un contrôle ou d'une arrestation. Ce ne sont pas les premiers, mais les secondes qui sont tenues de porter cette cagoule, la perspective de se retrouver le visage collé contre sa propre bave suffisant visiblement à dissuader les cracheurs de poursuivre leur entreprise. Ceux-ci peuvent voir et respirer à travers la cagoule.

Ces cagoules anti-crachats sont déjà autorisées depuis quelques années dans quelques Länder allemands, comme dans le Schlewig-Holstein ou en Bavière, mais elles ne seraient utilisées que très rarement. Depuis leur mise à disposition des unités de police du Land de Brême, elles ont servi quatre fois en trois mois. Lorsqu'il y a deux ans, le sénateur chargé de l'Intérieur du Land de Brême Ulrich Mäurer (SPD) avait annoncé l'adoption de ces cagoules anti-crachats, il avait déclenché une vive polémique, relate Der Spiegel:

«Des comparaisons ont été faites avec Guantanamo et l'Afghanistan. Ce que le sénateur Mäurer ne peut concevoir: "Je considère ces coiffes comme proportionnées et appropriées", dit-il. Elles ne doivent pas être mises de manière préventive, mais seulement lorsque la personne arrêtée a déjà craché ou est connue pour être un cracheur notoire.»

Le débat autour de l'utilisation de ces cagoules a refait surface quand des policiers de Brême ont été agressés cet été lors d'une interpellation par un drogué atteint de l'hépatite C qui, après les avoir frappés, leur a copieusement craché dessus, atteignant même la bouche d'une policière, comme le rapportait en juillet dernier la police de Brême, notant au passage qu'il n'était «pas clair si le responsable avait potentiellement contaminé les fonctionnaires avec d'autres maladies infectieuses».

Les syndicats policiers étaient à nouveau montés au créneau, dénonçant le risque de contamination, notamment au VIH dans le cas où les personnes qui crachent ont du sang dans la bouche. Comme l'explique Jochen Kopelke, président du syndicat de la police de Brême:

«Il y a des situations où les agresseurs crachent avec tout ce qu'ils ont dans la bouche.»

Plusieurs responsables politiques du Land de Brême se sont pourtant élevés contre l'utilisation de ces cagoules qu'ils jugent dégradante, à l'instar de Kristina Vogt, chef du groupe Die Linke, qui la trouve «problématique sur un plan civique». Le porte-parole du SPD sur les questions relatives à l'Intérieur, Sükrü Senkal, se borne lui à dire qu'il trouve que cet accessoire n'est «pas optimal».

Ces derniers préconisent l'utilisation d'un masque de type chirurgien. Une proposition que rejette Rose Gerdts-Schiffler, porte-parole du sénateur chargé de l'Intérieur:

«L'expérience nous a montré qu'une protection buccale glisse trop vite.»

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