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Un dirigeant d’Uber lâche lors d’un dîner qu’il pourrait dévoiler la vie privée d’une journaliste

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 18.11.2014 à 12 h 41

Repéré sur Buzzfeed, Pando Daily

Site Internet d'Uber

Site Internet d'Uber

Malaise chez Uber, la société de véhicules de tourisme avec chauffeur, qui connaît depuis ses débuts fracassants une exposition médiatique au niveau de ses ambitions –hégémoniques– ainsi qu’une relation tumultueuse d’amour-détestation avec les médias. La société, adulée des jeunes urbains connectés et fossoyeur de la profession pour nombre de syndicats de chauffeurs de taxi dans les métropoles du monde entier, vient de se faire épingler par le site BuzzFeed pour des propos inquiétants d'un de ses vice-présidents, Emil Michael.

Ce dernier a affirmé que la société pourrait embaucher une équipe de chercheurs et de journalistes chargés de répondre aux attaques de la presse, de s’intéresser à «vos vies personnelles, vos familles» (s’adressant aux journalistes présents) et de dévoiler des détails personnels dans les médias. Le responsable d’Uber a ensuite mentionné nommément une journaliste, Sarah Lacy du Pando Daily, publication critique consacrée à la Silicon Valley. Elle avait accusé Uber de sexisme et de misogynie –il s’agissait d’une promotion d’Uber à Lyon, proposant sur son site aux clients une course effectuée par une top model. L’équipe hypothétique d’Uber chargée de la réplique aux médias pourrait exposer sa vie personnelle, a ensuite raconté Michael, sans toutefois aller plus loin dans les détails. Il a enfin lâché que «personne ne saurait que ça vient de nous» au cas où des fuites seraient orchestrées.

Les propos ont été tenus lors d’un dîner à New York vendredi 14 novembre organisé par un consultant travaillant pour Uber, auquel était invité le gratin médiatique, dont Ariana Huffington, la fondatrice du Huffington Post, ou l’acteur Edward Norton. L’hôte a déclaré à la fin de la soirée que les conversations étaient «off», c’est-à-dire ne devaient pas faire l’objet de citations dans les médias. Un journaliste de BuzzFeed était présent et le rédacteur en chef du site Ben Smith, qui signe l’article révélant les propos, rétorque que la précision du statut de la discussion n’avait pas été donnée au moment de l’invitation.

Le dévoilement de l’affaire a donné lieu à un communiqué contrit de l’intéressé, dans lequel il précise que «les remarques qui [lui] sont attribuées lors d’un dîner privé» sur ce qu’il considérait comme «un traitement médiatique sensationnaliste» réservé à Uber «ne reflète pas [ses] opinions réelles et n’ont aucun lien avec les opinions de l’entreprise», et qu’il les regrettait. 

Après avoir lu l'article, la journaliste concernée a elle-même écrit un long papier sur Pando Daily, ce qui lui a valu un appel de l'intéressé sur son portable. Mais le vice-président d'Uber demandant à lui parler en off –il a cette fois eu la présence d'esprit de le préciser à l'avance– elle a décliné. Il lui a ensuite envoyé un email d'excuses, qu'on peut lire au pied de son article

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