Science & santé

Philae a été repéré sur une photo en train de sautiller sur la comète Tchouri

Phil Plait, traduit par Grégor Brandy, mis à jour le 17.11.2014 à 18 h 46

ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDAId 329220

ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDAId 329220

Il y a quelques jours, le monde a regardé et s'est réjoui alors que le petit engin spatial Philae atterrissait sur la surface de la comète Tchouri. Cependant, on a vite compris que ses harpons ne s'étaient pas déclenchés et que l'engin avait rebondi sur la comète.

Philae s'est à nouveau envolé à près d'un kilomètre de hauteur avant de retomber incroyablement lentement, pendant près de deux heures, avant de sautiller de nouveau, cette fois-ci moins haut et moins longtemps, et de finir en territoire inconnu.

Il a fallu un peu de temps, mais les images prises par Rosetta –qui est en orbite autour de la comète– au moment du premier contact entre Philae et la comète ont finalement été divulguées par l'Agence spatiale européenne (ESA). La vidéo ci-dessous montre le moment juste avant et celui juste après où Philae a rebondi sur la comète.

A ce moment-là, la géologue planétaire et et blogueuse Emily Lakdawalla avait spéculé que l'on pouvait voir Philae et son ombre dans la deuxième image, mais il y avait tellement de bruit sur l'image que j'étais assez sceptique.

Il se trouve qu'elle avait raison.

Voici un très joli gif qui montre les deux images, avec le site de l'impact inscrit sur la première et l'engin (et son ombre) sur la deuxième.

ESA/Rosetta/NAVCAM; pre-processed by Mikel Canania

Incroyable! L'astrophysicien Eamonn Kerins a même fait mieux: il a créé une troisième image à partir des deux premières (difference imaging) pour montrer ce qui avait changé entre les deux. Et l'on voit clairement Philae et son ombre.

DIA imaging of @ESA_Rosetta NavCam before/after images of the @Philae2014 initial landing site. Does it show Philae? pic.twitter.com/ymL42BBj7m

— Eamonn Kerins (@Eamonn_Kerins) November 16, 2014

On voit également beaucoup de pixels brillants sur cette troisième image.  Ce sont probablement des «pixels chauds», ces points suractifs sur le détecteur de l'appareil. Il y a également des points noirs à côté, qui sont le résultat du traitement des images. Il faut remarquer que le point présenté comme étant Philae est bien plus flou et que son ombre est quelques pixels en dessous. Je suis assez convaincu par ça.

Au départ, j'étais sceptique, car le panache projeté en bas et à droite semblait être le même sur les deux images. Il était aussi imité en haut à droite; et les deux semblent être l'ombre d'un crête. Dans la troisième image, on ne les voit plus, ce qui signifie que ce sont probablement juste des ombres. Celle en bas était par hasard en haut quand l'engin a atterri.

L'ESA a posté ce montage de Philae rebondissant sur la comète / SA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA

Et pour rappel: c'est une photo d'une machine de 100 kilogrammes de la taille d'un fauteuil dont le poids est désormais de moins de 30 grammes (avec la gravité exercée) qui vient frapper la surface d'une boule de neige sale de quatre kilomètres de large, presque pile à l'endroit prévu. Et tout cela est vu par un autre engin spatial qui a mis dix ans pour arriver à son but et est arrivé à une vitesse de 40.000 km/h pour se mettre en orbite autour d'une comète.

Et tout ça, c'est une première pour l'humanité. Donc ouais. Cool.

Phil Plait
Phil Plait (71 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte