France

Mariage gay: et si, au sein de l'UMP, ce n'était pas la position de Sarkozy qu'il fallait regarder?

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 17.11.2014 à 16 h 35

Repéré sur Francetv info, Le Huffington Post, Le Figaro, i-Télé

La presse a surtout relayé l'engagement de l'ancien président en faveur de l’abrogation de la loi Taubira, mais cette position en cache une autre beaucoup moins critiquée: celle de son concurrent Bruno Le Maire.

Bruno Le Maire le 4 novembre 2014, lors d'un meeting à Paris. REUTERS/Philippe Wojazer.

Bruno Le Maire le 4 novembre 2014, lors d'un meeting à Paris. REUTERS/Philippe Wojazer.

Samedi 15 novembre, Sens Commun, un think tank lancé par des membres de la Manif pour tous, organisait le seul meeting qui réunissait les trois candidats à la présidence de l'UMP: Bruno Le Maire, Hervé Mariton et Nicolas Sarkozy.

Lors de leur prise de parole respective, une phrase a beaucoup été reprise et commentée. A propos du mariage pour tous, Nicolas Sarkozy, harangué par la foule à coups de «Abrogation! Abrogation!», a lancé:

«Quand on dit qu'une loi doit être réécrite de fond en comble, si vous préférez qu'on dise qu'on va l'abroger pour en faire une autre... […] Enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça ne coûte pas très cher.»

Une prise de position floue et qui a laissé perplexe beaucoup de monde, mais qui a aussi éclipsé celle de ses deux concurrents.

On connaît celle de Hervé Mariton, fermement opposé au mariage homosexuel, et d'ailleurs acclamé par la salle.

A l’inverse, quelques minutes plus tôt, Bruno Le Maire avait indiqué ne pas souhaiter revenir sur cette réforme:

 «Nous ne reviendrons pas, nous la droite républicaine, sur le mariage homosexuel. [...] Au moins, j'ai le courage de vous dire quelle est ma conviction.»

 

Hué par les militants de Sens Commun, il a maintenu sa position et l'a réaffirmée, dimanche soir, sur le plateau du JT de France 2:

«On a toujours intérêt à défendre ses convictions. [...] Nous ne reviendrons pas sur le mariage homosexuel, tout simplement parce qu'on ne va pas rouvrir des déchirements dans la société française.»

 

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, cette prise de position sur le mariage gay pourrait lui être bénéfique dans la course pour la tête de l'UMP, le parti n'arrivant pas à trouver de position commune. Le Huffington Post explique que, «s'il entretient (volontairement) le flou vis-à-vis du droit à l'adoption, le député de l'Eure peut désormais espérer rallier tous les partisans du statu quo sur le mariage gay à l'UMP».

Et les soutiens se multiplient derrière lui. Après la signature de 52 parlementaires en sa faveur, le candidat vient de recevoir un nouveau soutien, celui de Jean-François Lamour, qui va d'ailleurs à contre-courant de ses pairs, puisque de nombreux proches de François Fillon soutiennent plutôt Nicolas Sarkozy. 

L'ancien président a lui dû faire face, après ses propos, à des critiques de plusieurs personnalités de l'UMP. Comme le rapporte Le Figaro, proches et anciens ministres se sont montrés plus mesurés que lui et semblent indiquer une évolution au sein-même du parti sur la loi. Nathalie Kosciusko-Morizet, Christian Estrosi, Frédéric Lefebvre, François Fillon et Nadine Morano ont estimé qu'il n'y avait pas lieu de remettre en cause la loi Taubira ou qu'il y avait d'autres priorités. Valérie Pécresse, qui soutient pourtant Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP, a déclaré sur i-Télé que Bruno Le Maire «incarne le renouveau, qu'on le veuille ou non», avant d'ajouter «si je dis qu'il est le seul à l'incarner, je vais me faire des ennemis».

Libération raconte même que le discours de Bruno Le Maire chez Sens Commun «lui a paradoxalement valu des messages de félicitations de farouches opposants à la loi Taubira. Manière de souligner que sa position avait au moins le mérite de la cohérence».

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