France

Sarkozy et le mariage gay, une stratégie perdante?

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 16.11.2014 à 14 h 48

Nicolas Sarkozy lros d'un discours le 7 novembre 2014 à Paris | REUTERS/Philippe Wojazer

Nicolas Sarkozy lros d'un discours le 7 novembre 2014 à Paris | REUTERS/Philippe Wojazer

«Abrogation»: à la tribune d'un meeting organisé ce 15 novembre à l'initiative de «Sens Commun», un collectif fondé par des anciens de la Manif pour tous, Nicolas Sarkozy a fini par lâcher le mot.

Durant son discours, raconte l'Obs, juste après avoir affirmé qu'il fallait «réécrire de fond en comble la loi Taubira» autorisant l'union de personnes du même sexe, l'ancien chef d'Etat à la reconquête de son parti a concédé, sous les cris de la salle réclamant l'abrogation pure et simple du texte:

«Si vous voulez appeler ça abrogation...»

Pas sûr néanmoins, comme le note toujours l'Obs, que la stratégie soit gagnante pour Nicolas Sarkozy. Elle risque même, estimait fin octobre Jean-Baptiste Daoulas sur Slate, de coûter l'Élysée à l'ancien président en 2017.

Les chiffres semblent donner raison au journaliste. «Près d’un an et demi après l’adoption de la loi Taubira, écrivait-il alors, 57% des Français se disent opposés à son abrogation, d’après l'Ifop Ils seraient 68% aujourd'hui, à en croire un nouveau sondage publié le 15 novembre par le même institut, et relayé sur le site Atlantico.

Si rouvrir ce débat est susceptible de plaire aux sympathisants de la Manif pour tous, qui s'est opposée à la loi Taubira, pas sûr donc que la manoeuvre soit efficace si l'UMP fait le choix d'organiser une primaire élargie pour désigner son candidat à la présidentielle de 2017. Or c'est précisément le choix de Nicolas Sarkozy, qui affirmait lors d'un meeting début octobre que cette désignation «devra concerner toute l'opposition».

L'ancien président risque d'autant plus de s'en mordre les doigts que l'un de ses concurrents directs, Alain Juppé, a fait le choix d'être très direct sur le sujet. Dans un récent entretien au magazines Les Inrockuptibles, il assurait tout de go:

«Les Français considèrent aujourd’hui qu’il est parfaitement acceptable que deux personnes du même sexe veuillent concrétiser leur sentiment amoureux par un statut public. J’aurais préféré un autre mot que mariage car des couples homosexuels et hétérosexuels, ce n’est pas tout à fait la même chose. Mais je suis convaincu qu’on ne reviendra pas en arrière : on ne démariera pas les couples homosexuels. Quant à la GPA, c’est inacceptable, et j’espère que la France tiendra bon sur son interdiction.»

Là où la parole de Nicolas Sarkozy se démarque, pour sa part, par un grande flou, relève encore l'Obs. S'il souhaite «un mariage pour les homos et un mariage pour les hétéros», il ne donne pas des précisions sur les modalités du premier, n'abordant pas, par exemple, la question de l'adoption. Quand son rival Juppé s'y dit explicitement favorable.

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