Monde

Les hipsters libanais en ont marre d'être pris pour des terroristes

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 15.11.2014 à 15 h 10

Repéré sur NPR

Un barman de Beyrouth, au Liban | Instagram

Un barman de Beyrouth, au Liban | Instagram

C’est dur d’être un hipster à Beyrouth. Et pas seulement à cause de l’entretien méticuleux que nécessite une belle barbe. Une journaliste de la radio publique américaine NPR a traîné dans un quartier branché de l’Est de la ville, et les hipsters barbus lui ont tous raconté la même chose: ils en ont assez d’être pris pour des terroristes.

Un des jeunes interviewés travaille comme barman, ce qui est en général incompatible avec des convictions islamistes. Le problème, c’est que pour aller au travail, il doit passer par un checkpoint de police, et il est constamment stoppé et fouillé. C'est tellement pénible qu'il songe sérieusement à se raser (même s'il avoue que sa barbe est «comme sa copine»).

En janvier dernier, le rappeur libanais Hussein Charfeddine, chanteur barbu du groupe de hip hop The Banana Cognacs, avait été brièvement détenu dans la banlieue Sud de Beyrouth. Une arrestation qui avait donné lieu au hashtag #beardedNotaTerrorist (barbu, pas terroriste). Quand elle l'a rencontré, la journaliste de NPR explique que Charfeddine - ou «Double A The Preacherman» de son nom de scène - portait une chemise à carreaux, des lunettes à grosse monture noire et une casquette, un look qui devrait à l'avenir le protéger de toute confusion avec un salafiste.

Depuis plusieurs années, un Tumblr new-yorkais s'amuse d'une autre confusion possible: celle entre hipsters et juifs ultra-orthodoxes, notamment depuis que les chapeaux en feutre noir sont à la mode. Le site est intitulé Hasid or Hipster (juif hassidique ou hipster?), et comporte une impressionnante sélection de photos d'hommes barbus. 

Parfois, les deux catégories se mélangent. Il existe en effet maintenant une contre-culture de juifs ultra-orthodoxes «cools» qui jouent dans des groupes de rock. 

Et malheureusement, il arrive que des islamistes aient aussi des looks branchés, comme en témoigne ce combattant de l'Etat islamique surmommé le «hipster djihadiste», un jeune Egyptien avec des lunettes à la mode qui a rejoint l'organisation en Syrie cette année. 

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