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Pour le FBI, la libération de Megrahi est une «parodie» de justice

Temps de lecture : 2 min

Le directeur du FBI (police fédérale américaine) se dit «scandalisé» par la décision de l'Ecosse de libérer pour raisons médicales Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi, le Libyen condamné pour l'attentat de Lockerbie, dans une lettre au ministre écossais de la Justice Kenny MacAskill, publiée samedi 22 août.

«J'ai pour habitude de ne pas commenter les décisions des autres procureurs», mais «je suis scandalisé par votre décision, défendue avec désinvolture sous prétexte de compassion», écrit Robert Mueller dans cette lettre disponible sur le site internet de la police fédérale américaine.

 «Votre décision de libérer Megrahi est inexplicable et est une parodie de justice», poursuit M. Mueller, qui rappelle avoir été le «ministre adjoint de la Justice (américain) responsable de l'enquête et de l'inculpation de Megrahi en 1991».

Sa libération «récompense un terroriste» et «se moque de la douleur des familles qui ont perdu leurs proches le 21 décembre 1988» dans l'explosion d'un Boeing 747 de la compagnie américaine Pan Am au-dessus de Lockerbie, en Ecosse. 270 personnes avaient péri, en majorité américaines. «Je me demande: où est la justice?», conclut-il.

Megrahi a été condamné en 2001 à la prison à vie avec une peine de sûreté de 27 ans par des juges écossais à l'issue d'un procès qui s'était tenu aux Pays-Bas, en terrain neutre. La sentence avait été confirmée en appel en 2002. En phase terminale d'un cancer de la prostate, l'homme, qui a toujours clamé son innocence, a rejoint le 20 août la Libye où il a été accueilli en héros après avoir été libéré pour raisons médicales par le ministre écossais de la Justice.

La Grande-Bretagne a démenti samedi 22 août dans la soirée avoir conclu un quelconque accord avec la Libye sur la libération d'Abdelbaset Ali al-Megrahi. La polémique a pris de l'ampleur depuis que le dirigeant libyen Moammar Kadhafi a publiquement remercié le Premier ministre Gordon Brown et la famille royale.

Selon Seïf Al-Islam, fils du colonel Kadhafi, la libération d'Al-Megrahi était au coeur de contrats commerciaux conclus avec la Grande-Bretagne. «Dans tous les contrats commerciaux, de pétrole et de gaz avec la Grande-Bretagne, (M. Al-Megrahi) était toujours sur la table des négociations», a-t-il expliqué dans une interview diffusée vendredi 21 août sur sa chaîne de télévision Al-Motawassit (La Méditerranée).

«L'idée que les gouvernements britannique et libyen auraient négocié la liberté ou la vie de ce prisonnier libyen en contrepartie d'un quelconque accord commercial n'est pas seulement fausse, mais totalement improbable et même assez offensante», a rétorqué le secrétaire aux Entreprises Peter Mandelson.

Lire l'article complet sur Bloomberg

Image de Une: L'arrivée de Abdelbaset Ali al-Megrahi à Tripoli   REUTERS

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