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Les autres «presque Sivens» de l'Europe

Léa Bucci, mis à jour le 19.12.2014 à 12 h 07

Conflits d'intérêt, besoins surestimés, environnement négligé... Trois projets européens contestés ont de nombreux points communs avec le barrage de Sivens.

A Sivens, le 28 octobre 2014. REUTERS/Regis Duvignau

A Sivens, le 28 octobre 2014. REUTERS/Regis Duvignau

La Zone à défendre du Testet (ZAD), un terme qui détourne celui de «Zone d’Aménagement Différée», créé en 2013 par des militants anti-barrage de Sivens, est loin d'être la seule en France (l’une des plus célèbres concerne le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes). On s’est alors posé la question: y a-t-il, en Europe, un «autre Sivens», un chantier semblable, tant au niveau du projet que de la lutte militante qui l’entoure, à ce qui se passe dans le Tarn?

Sivens, un «Grand projet inutile et imposé» parmi tant d’autres

Le barrage de Sivens fait partie de ces aménagement qualifiés de «Grands projets jugés inutiles et imposés» (GPII). Cette notion est définie notamment dans la Charte de Tunis, adoptée en 2013 lors du 12ème Forum social mondial. Les militants l’emploient pour désigner des projets qui «constituent pour les territoires concernés un désastre écologique, socio-économique et humain», n’intègrent pas la participation de la population à la prise de décision, dont la réalisation est accusée de se justifier par «des hypothèses fausses d’évaluation coûts/bénéfices et de création d’emplois», dont le financement se fait «au détriment des besoins locaux», «à la charge des budgets publics», au profit de grands groupes.

Différents supports ont été créés pour tenter de recenser ces projets. La revue Mouvements a lancé en 2012 une carte mondiale des GPII évolutive et participative. En 2013, Rue89 et Le Monde ont tous deux établi leur «Tour de France» des GPII, où l’on note d’ailleurs que le barrage de Sivens ne figure pas encore. La ZAD du Testet est en revanche mentionnée dans une nouvelle carte publiée en novembre 2014 sur Reporterre. Un «Petit livre noir des grands projets inutiles et imposés» est paru en 2014 sous le nom de «Camille», pseudonyme derrière lequel se cachent les militants. Le projet scientifique Ejolt dispose d’un atlas mondial des «conflits écologiques et espaces de résistance», régulièrement mis à jour. Et France Info vient de publier une carte interactive recensant une centaine de projets contestés en France:

 

Pourquoi Sivens n’a pas de jumeau en Europe

Le nombre des GPII est donc foisonnant, et fluctuant. Pourtant, Stephen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l’Environnement, Daniel Ibanez, d’Europe Ecologie, Maxime Combes, Paolo Prieri et Geneviève Coiffard, d’ATTAC France, s’accordent à dire qu’à leur connaissance, on ne peut pas identifier d’équivalent à Sivens en Europe. Aucun projet ne rassemble toutes les caractéristiques du barrage.

Parmi les projets des années 2010, celui de Sivens a la triste particularité de compter un décès, celui du militant Rémi Fraisse. Il est aussi l’un des seuls projets officiellement suspendus, depuis que le Conseil général du Tarn en a décidé ainsi le 31 octobre.

Par rapport à d’autres aménagements contestés en Europe, il s’agit d’un «petit» projet. Là où le coût d’investissement du barrage est estimé à 8,4 millions d’euros, le projet de construction du train à grande vitesse (TAV) entre Lyon et Turin (Italie) est par exemple chiffré à 8,5 milliards d’euros pour la partie internationale et 7 milliards d’euros pour les aménagements côté français. Quant au projet d’exploitation minière à ciel ouvert à Rosia Montana, en Roumanie, sa taille est estimée à 1.600 hectares, alors que «seulement» 48 hectares sont concernés par le barrage du Tarn. En terme d’échelle, ils sont donc plus proches de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes: Vinci avait acquis 1.600 hectares pour le chantier, et le coût de construction est évalué à 581 millions d’euros.

Geneviève Coiffard, d'ATTAC France, admet:

«Il existe plein de petits projets en surface en France, et certainement dans beaucoup d’autres pays, mais nous n’avons connaissance que des gros».

Autrement dit, parmi les petits projets à la taille de Sivens en Europe, aucun n’aurait été suffisamment médiatisé pour être connu des militants. Ce qui ne permet pas d’affirmer que des conflits de même échelle n’existent pas. Si l’on se fie au site du collectif Testet, le projet de barrage a été relayé essentiellement par des médias locaux jusqu’en août 2014. Sa couverture nationale (voire internationale) s’est renforcée après le décès de Rémi Fraisse. On peut envisager que les petits projets n’aient pas connu une issue aussi dramatique et soient donc restés au niveau local.

Les projets de grande ampleur montés dans les autres pays et connus des militants sont parfois très différents de Sivens. Stuttgart 21, par exemple, prévoit la transformation du noeud ferroviaire autour de la ville de Stuttgart en Allemagne, dans le Bade-Wurtemberg, et notamment la transformation de la gare centrale de la ville en gare souterraine ouverte aux TGV. Il s’agit d’une problématique d’aménagement urbain, qui présente peu de caractéristiques proches de celles de Sivens, en ce qui concerne l’impact du chantier et les modes d’action des manifestants. Mais ces grands projets en Europe ont aussi des ressemblances avec le barrage du Tarn. En voici quelques unes, non exhaustives.

Au commencement, les conflits d’intérêt

Dans le cas de Sivens, la Compagnie d'Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG), devenue maître d’ouvrage, avait au préalable obtenu le monopole sur les études effectuées en 2001. En fait, dès qu’on parle de GPII, le problème des conflits d’intérêts se retrouve partout, souvent au niveau local et régional, explique Geneviève Coiffard. Daniel Ibanez, d'Europe Ecologie, affirme:

«Le principe de base de tous ces projets, c’est que quelqu’un qui se prétend visionnaire décide du démarrage d’un chantier. Ensuite, toutes les procédures ne sont là que pour légaliser ce projet».

  • Rosia Montana

Ce petit village de Roumanie abrite le plus grand gisement d’or et d’argent d’Europe, pour lequel la société canadienne Gabriel Resources prévoit depuis 1995 une exploitation au cyanure à ciel ouvert, pour séparer l’or de la boue. Selon le site Café des Roumains, la Régie autonome du cuivre (Deva) a conclu un accord en 1995 avec Gabriel Resources, avant même que ne soit diffusée l’annonce informant que la Régie cherchait des investisseurs, et les documents ont ensuite été déclarés perdus.

Près du village de Rosia Montana, le 4 octobre 2011. REUTERS/Radu Sigheti

Le Spiegel évoque lui aussi cet accord secret et explique que Gabriel Resources était à l’époque «une société minière nouvellement créée enregistrée dans le paradis fiscal de Jersey». Le droit d’opérer sur les gisements a ensuite été transmis à la Rosia Montana Gold Corporation, formée par l’entreprise publique roumaine Minvest et Gabriel Resources.

En 2007, presque tous les membres et ex-membres du conseil de Rosia Montana avaient des membres de leur famille ou étaient eux-mêmes employés par Rosia Montana Gold, la filiale locale de Gabriel, selon l’Open Society Foundation.

  • Le TAV (treno ad alta velocita) Lyon -Turin

En discussion depuis plus de vingt ans, le projet a été lancé par un traité franco-italien signé en 2001, et vise à construire une ligne ferroviaire reliant Lyon et Turin (en Italie), destinée au fret et aux voyageurs. Il implique notamment la création d’un tunnel transfrontalier de 57 km. Les conflits d’intérêts sont multiples et extrêmement forts. En octobre 2012, le Canard Enchaîné a révélé que la commission d’enquête publique sur la ligne du futur TGV avait incité les Réseaux Ferrés de France à passer un marché avec l’entreprise de travaux publics Truchet TP, dirigée par le frère d’un membre de la commission. Paolo Comestri, président de LTF entre 2003 et 2010, a écopé en première instance en 2011 de huit mois de prison pour «trucage d'appels d'offres».

Quatre sociétés soupçonnées d’être liées à la mafia se sont immiscées dans le chantier grâce aux appels d’offres pour la sous-traitance. La société Lyon Turin ferroviaire (LTF), responsable de la construction, affirme qu’elle n’était pas au courant. Au total, vingt personnes ont été accusées de collusion mafieuse, alors que certaines sont directement liées au chantier.

  • Stuttgart 21

Le site Thomas Daily rapporte des informations publiées en 2010 par le quotidien économique Handelsblatt, selon lesquelles l’ancienne ministre fédérale de l’environnement et l’architecte de Stuttgart 21 faisaient partie du conseil d’administration de la fondation engagée pour le développement du parc immobilier de Stuttgart 21. L’ex-compagne de l’ancien président du Land du Bade-Wurtemberg, Günther Oettinger, était membre du conseil exécutif de la même fondation. Selon Reporterre, un ancien président du Land, Stefan Mappus, soutenait aussi directement la banque régionale du Baden-Württemberg, qui à son tour défendait le projet de Stuttgart 21.

Des besoins surestimés

Selon Geneviève Coiffard, ces conflits d’intérêt s’accompagnent également, sur les GPII, d’évaluations erronées des besoins. En résultent des chantiers disproportionnés par rapport aux besoins réels, complète Paolo Prieri, d'ATTAC France. Pour Sivens, le rapport des experts du ministère de l’Ecologie a ainsi pointé «une surestimation du volume de substitution destiné à l'irrigation d'au moins 35%»: entre 30-40 exploitants bénéficieraient du barrage, soit la moitié de ce que prévoyait le Conseil général. Mais il n’est pas le seul:

  • Le TAV Lyon-Turin

En 2012, la Cour des comptes ne prévoyait pas de saturation des infrastuctures existantes avant l’horizon 2035 et proposait de «ne pas fermer trop rapidement l’alternative consistant à améliorer la ligne existante». Une autre ligne ferroviaire relie en effet déjà la France à l’Italie par le tunnel de Fréjus. En 2013, le Parisien notait qu’elle n’était utilisée qu’à un quart de ses capacités. La plupart des camions qui circulent sur le secteur pourraient donc être mis sur les trains qui existent déjà.

Les citoyens mettent indirectement la main au porte-monnaie

Les mensonges concernent également le coût des projets, ajoute Geneviève Coiffard. Ce dernier est d’autant plus discutable que le financement des GPII est assuré par des fonds publics, alors même que l’Europe est en pleine crise économique. Le financement du barrage de Sivens repose ainsi sur les départements du Tarn et du Tarn-et-Garonne, l’Agence de l’eau (qui est financée par la redevance), et l’Union Européenne, dont la participation est remise en cause à cause du non respect de la législation européenne. Daniel Ibanez parle de montages économiques entre public et privé:

«L’argent vient avant tout de fonds privés qui sont financés par l’Etat et donc par les contribuables».

  • Stuttgart 21

Le gouverment fédéral contribue à hauteur de 1,2 milliards d’euros (incluant le financement de l’Union Européenne) au projet, qui est également assuré par la compagnie ferroviaire publique allemande, la Deutsche Bahn, l’Etat de Baden-Württemberg, la ville de Stuttgart, l’aéroport de Stuttgart, et la Verband Region Stuttgart. Alors que le projet était estimé à 2,8 milliards d’euros, il a été réévalué plusieurs fois et coûterait aujourd’hui environ 9,8 milliards d’euros. L’Etat et la ville ont refusé de couvrir l'un des dépassements des coûts.

  • Le TAV Lyon -Turin

L’Union Européenne doit financer à 40% le coût de la seule partie transfrontalière du projet, un tunnel de 57km estimé à 8,5 milliards d’euros. Pour ce tunnel, l’Italie prend en charge 2,9 milliards du budget et la France 2,2 milliards. D’après les estimations de la Cour des comptes, le seul tronçon français coûtera 10 à 11 milliards à l’Etat, tandis que l’Etat italien devrait se délester de 4,5 milliards d’euros pour sa partie du projet.

Les conséquences sont l’environnement sont négligées

Dans ces grands chantiers, les difficultés de la réalisation technique sont volontairement occultées, selon Geneviève Coiffard. L’impact de ces projets sur l’environnement est minimisé par leurs partisans, et, selon Daniel Ibanez, on retrouve partout du «green-washing» (aussi appelé «éco-blanchiment»). Il s’agit d’une tentative, pour une entreprise, d’utiliser l’argument écologique dans son marketing ou sa communication pour son image ou celle d’un produit. 

Manifestation contre le TAV, le 3 juillet 2011. REUTERS/Giorgio Perrottino

A Sivens, la déclaration d’utilité publique obtenue en 2012 affirmait ainsi que le barrage avait pour but d’améliorer la «qualité biologique» de la rivière du Tescou. Le projet prévoyait une compensation environnementale du projet, consistant à réhabiliter 9 petites zones humides. Mais cette dernière est jugée insuffisante par les opposants au regard de la faune et de la flore menacées, et les experts écologiques sont défavorables au projet. 

  • Rosia Montana

Le porte-parole de la société Gold affirmait en 2011 au micro de RFI que le cyanure était la plus écologique des techniques d’exploitation: «notre projet prévoit de réhabiliter et de ré-écologiser la zone». En fait, «il suffit [...] d'une pluie abondante pour que le taux de cyanure et de métaux lourds des puits de Turda, qui se trouve tout de même à 80 kilomètres de là, dépasse de quinze fois le taux autorisé.» En 2013, la RMGC prévoyait d’utiliser 12 fois plus de cyanure que les 1000 tonnes employées chaque année dans les mines d’or d’Europe.

  • Le TAV Lyon-Turin

Selon Reporterre, le projet a été présenté comme écologique. Ses partisans affirment que le TAV permettrait de réduire le trafic routier au profit de la circulation ferroviaire, qui ne représentait en 2012 que 10% des marchandises qui traversent les Alpes entre la France et l’Italie. En novembre 2014, les représentants de la Commission Européenne, qui s’est prononcée sur le projet, ont reconnu que ce dernier aurait un impact sur l’environnement, notamment à cause des émissions de CO2 entraînées par le chantier et la nécessité de retraiter les déchets.

L’action citoyenne au coeur de la contestation

On peut également lire des similitudes entre Sivens et ses cousins européens ce qui concerne l’action militante. Dans la ZAD du Testet, l’occupation du terrain dure depuis plusieurs mois, et mobilise des dizaines, voire des centaines de protestataires, comme le notait déjà Le Monde en octobre 2014.

  • Rosia Montana

«Il y a des jeunes qui viennent sur le terrain, des regroupements d’activistes. Au niveau de l’esprit, c’est le plus proche de Sivens», exprime Geneviève Coiffard. En septembre 2011 notamment, le réseau international Reclaim the Field a organisé un «camp de solidarité» à Rosia Montana, en soutien à la lutte des paysans, qui a rassemblé environ 500 activistes.

Autre particularité des ces contestations: elles mobilisent des collectifs citoyens. Il faut y lire une prise de conscience que Paolo Prieri traduit ainsi:

«Nous sommes le changement, les protagonistes du changement».

Daniel Ibanez parle de «résistance citoyenne», un phénomène récent, selon lui, qu’on peut relier à celui des Indignés:

«On est passé d’une vision associative à une vision plus citoyenne et autogérée. Il n’y a plus d’attentes envers les organisations politiques et syndicales. Les citoyens découvrent leurs capacités à devenir de véritables experts».

Ainsi, dans le cas de Sivens, le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, créé en 2011, a mis en place des contre-expertises citoyennes. Autres exemples:

  • Stuttgart 21

Sur le site de construction de Stuttgart 21, le 15 février 2012. REUTERS/Alex Domanski

Un collectif Kopfbahnhof 21 (K21), s’est créé pour proposer une alternative à Stuttgart 21, et les manifestations ont mobilisé des citoyens qui n’avaient pas forcément d’intérêt pour la politique. Selon le Spiegel, le cas de Stuttgart 21 illustre le scepticisme des Allemands envers les compétences de leurs politiciens:

«Le terme “citoyen en colère” a été inventé pendant le fiasco de Stuttgart 21[...] Selon les études du Göttingen Institute for Democracy, ce sont souvent des gens très instruits avec des revenus stables et des jobs d’employés de bureau. Alors que les mouvements de protestation étaient souvent conduits par des sociologues par le passé, aujourd’hui leurs leaders sont plus susceptibles d’exercer des professions techniques».

  • Rosia Montana

En 2000, certains des propriétaires susceptibles d’être expulsés par Rosia Montana Gold Compagny et des activistes ont formé une organisation non gouvernementale contre le projet, Alburnus Maior, rebaptisée depuis Rosia Montana. Le mouvement d’opposition reste hostile à tout parti politique, comme en témoigne la controverse provoquée par la présence sur les lieux de l’Union démocrate magyare de Roumanie, représentant de la minorité hongroise, lors du quatrième forum contre les GPII en 2014.

Une gestion violente du conflit par les autorités

Pour Paolo Prieri, les autorités répondent de la même manière à ces mobilisations citoyennes: par la force. On l’a vu à Sivens, où les forces de l’ordre ont rétorqué par des grenades aux cocktails Molotov des manifestants, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, faisant un mort.

  • Stuttgart 21

Le 30 septembre 2010, les manifestations citoyennes ont tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Ces dernières ont utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau, des sprays au poivre ou encore des matraques pour disperser la foule. Une centaine de personnes avaient été blessées parmi les manifestants. Au lendemain du rassemblement, le Spiegel dénonçait: «Ces mères et enfants en pleurs, les adolescents désemparés avec des bosses sur le crâne à cause des coups de bâton de la police»

  • Le TAV Lyon-Turin

Le 3 juillet 2011, des affrontements ont eu lieu à Chimonte, dans la Vallée de Suse, entre les militants NO TAV et les forces de l’ordre italiennes. Aux pierres et aux boucliers (on parle aussi de bouteilles remplies d’ammonniaque) des manifestants, la police aurait répliqué par des gaz lacrymogènes, parfois tirés à hauteur d’homme, rapporte la Télé Libre. Par ailleurs, le 29 novembre 2012, la police a effectué 9 arrestations dans les milieux anarchistes de Turin.

Geneviève Coiffard insiste:

«C’est plus que de la répression. Ce qui se développe, c’est l’accusation de terrorisme».

Manifestation contre les violences policières à Nantes, le 22 novembre 2014. REUTERS/Stephane Mahe

On y pense évidemment quand le président de la FNSEA a qualifié les acteurs du mouvement de protestation contre le barrage de Sivens de «djihadistes verts». Mais aussi:

  • Le TAV Lyon-Turin

En mai 2014, quatre militants NO-TAV ont été poursuivis à Turin pour l’incendie d’un compresseur et d’un générateur électrique sur un chantier en 2013. Les motifs des poursuites étaient «attentat à visée terroriste», «acte de terrorisme», «violence contre des agents de la force publique, possession et transport d’armes de guerre». Mediapart notait que le Parquet de Turin a essuyé des critiques pour «son traitement particulièrement répressif du mouvement  NO-TAV au nom de l’antiterrorisme».

  • Rosia Montana

En 2013, le directeur des Services de renseignements roumains (SRI) a déclaré: «Le SRI a prêté une attention particulière aux actions supposées influencer l’acte décisionnel, ainsi qu’aux tentatives de certaines structures extrémistes éco-anarchistes d’exploiter et de détourner les mouvements de protestation».

Léa Bucci
Léa Bucci (11 articles)
Journaliste
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