Monde

John Cantlie, l'otage qui a peut-être trouvé la solution pour survivre

Repéré par Alphonse Corone, mis à jour le 13.11.2014 à 15 h 58

Repéré sur Paris Match, L'Obs

Capture d'écran de la vidéo postée par Daesh  et présentée par John Cantlie

Capture d'écran de la vidéo postée par Daesh et présentée par John Cantlie

Lundi 27 octobre, le monde découvrait le nouveau visage de John Cantlie, journaliste britannique, otage de Daesh depuis novembre 2012, devenu présentateur vedette pour le compte du groupe terroriste. Deux semaines plus tard, Paris Match, dans un portrait intitulé «Le mystère John Cantlie», essaye de comprendre, avec plus de recul, ce qui a pu pousser ce journaliste à travailler avec ses geôliers.

Jusqu'à présent, dans les quatre premières vidéos dans lesquelles il apparaissait, l'otage se limitait à présenter assis, revêtu du traditionnel habit orange des détenus de Daesh, une sorte de JT du groupe terroriste. Dans le dernier enregistrement publié, il se tient debout devant une ville assiégée, tout habillé de noir. Rien n'indique, dans ces seules images, qu'il est captif. 

Plusieurs hypothèses ont été avancées pour comprendre les motivations du Britannique. Citant un haut responsable de la sécurité outre-Manche, The Daily Beast n’écarte aucune piste, pas même le fameux syndrome de Stockholm:

«Cette vidéo est déroutante, a t-elle été réalisé sous la contrainte? Volontaire ou forcé? Est-ce le syndrome de Stockholm? A-t-il franchi une ligne? Se joue-t-il d’eux?»

Pour Paris Match, le comportement de John Cantlie «est celui d’un homme qui joue crânement son va-tout. D’un homme qui a décidé de ne pas mourir». Capturé en même temps que le reporter amércicain James Foley exécuté en août, John Cantlie est décrit par le journaliste Didier François, son compagnon de cellule, comme quelqu’un de pessimiste mais lucide:

«Il savait que son gouvernement ne négocierait pas. Il nous a dit: “Il faut que je trouve une autre solution.” Ce n’est pas un intello, mais quelqu’un qui s’inscrit d’emblée dans la survie. Il fait des choix et les assume.»

Pour faire face à cet impératif, le reporter anglais va accepter (ou proposer? aucune des deux possibilités ne peut être affirmée) de tourner des vidéos de propagande pour Daesh. A cet égard, le Nouvel Observateur mettait en relief, fin octobre, les propos tenus par le journaliste dans la première vidéo diffusée, le 18 septembre, par le groupe terroriste:

«Maintenant, je sais ce que vous pensez. Vous pensez: il fait cela car il est prisonnier, il a un pistolet sur la tempe et a été forcé de faire ça. N'est-ce-pas? Eh bien, c'est vrai. Je suis prisonnier, je ne peux pas le nier. Mais voyant que j'ai été abandonné par mon gouvernement et que mon sort repose entre les mains de l'Etat islamique, je n'ai rien à perdre.»

Pour Michel Peyrard de Paris Match, la stratégie de John Cantlie est de perdre sa qualité d’otage au sens de valeur d’échange. Plus il montrera de connivence avec ses ravisseurs, moins ces derniers seront à même d’en tirer profit, et moins ils auront intérêt à l’exécuter. Paradoxalement, selon le chercheur Romain Caillet, «avec cette nouvelle stratégie de communication, l’EI prend un risque. Car compte tenu de la popularité acquise par John Cantlie auprès des troupes, il sera difficile de l’exécuter».

Peut-être John Cantlie a-t-il trouvé le moyen rester en vie et de piéger, à lui seul, la plus puissante organisation terroriste du monde?

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