Science & santé

Pourquoi 200.000 personnes sont-elles prêtes à aller mourir sur Mars?

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 10.11.2014 à 18 h 26

Repéré sur Popular Science, Matter

Ils se sont portés volontaires pour un voyage sur Mars, sans retour. Qu’est ce qui ne tourne pas rond chez eux?

Mars, après le passage de Curiosity Photo Wikimedia CC par la NASA

Mars, après le passage de Curiosity Photo Wikimedia CC par la NASA

Partir dans l’espace est à la mode: Matthew McConaughey à la recherche d’une nouvelle planète à coloniser, certaines vedettes en quête d’un joli point de vue sur la Terre… ou encore des volontaires pour un aller-simple vers la planète Mars. L’organisation néerlandaise à but non lucratif Mars One a décidé fin 2012 de lancer une colonisation de la planète Mars d’ici 2023. Moins d’une trentaine d’hommes et de femmes partiront au final, mais plus de 200.000 candidats passionnés et déterminés, si l’on en croit les organisateurs en tout cas. 

 

Mais pourquoi ces personnes décident-elles de tout quitter, y compris la Terre? Pour Fagin, candidat et étudiant en ingénierie aérospatiale à l’université de Purdue interrogé par Popular Science, Mars offre une expérience exceptionnelle et inédite:

«N’importe qui peut voir l’océan. N’importe qui peut visiter les forêts. Ce sont des choses magnifiques, mais aussi des lieux communs. Je vais avoir la chance de voir un lever de Soleil sur Mars. De me tenir au pied du Mont Olympe, l’une des plus grandes montagnes du système solaire. Je vais avoir la chance de voir deux Lunes dans le ciel. Je ne me vois pas être nostalgique d’une vie que 6 ou 7 milliards de personnes expérimentent en ce moment.»

Et pourtant, il est difficile de comprendre la motivation de ces volontaires, étant donné leur destin. Famine, asphyxie, problèmes de transports… Nous vous avions fait la liste de ce qui attendait ces candidats s’ils s’envolaient vers la planète rouge. Mais en plus des conditions climatiques difficiles (-60°C en moyenne), cette mission souffre d’un problème de taille: la capacité technique de Mars One à réaliser ce projet.

Pour Elmo Keep, qui le raconte sur Matter, les volontaires manquent cruellement de détails sur l’organisation du vol et sur sa réalisation.

Comment Mars One, cette organisation assez opaque il faut le dire, qui fait fabriquer son matériel par des sous-traitants et reste évasif sur les détails de son projet, peut-elle espérer mener à bien cette mission? D’autant plus que, comme le rappelle Popular Science, «le planning temporel de la mission est ambitieux», et repose sur les constructeurs et leurs capacités à amener les innovations techniques nécessaires. Le commandant Chris Hadfield, connu (entre autres) pour avoir interprété Space Oddity de David Bowie depuis la Station spatiale internationale, a de forts doutes sur le sérieux de l’organisation.

«Ces candidats doivent poser des questions immédiatement. Je veux voir les spécificités techniques l'appareil qui quittera la Terre. Comment vont fonctionner la combinaison sur Mars? Montrez-moi comment elle est pressurisé, comment elle est refroidie. Comment sont faits les gants? [...] Vous ne pouvez pas juste aller au supermarché de l'espace et achetez ces choses-là.»

Pas de quoi effrayer Leila Zucker, physicienne d’une quarantaine d’années et candidate au voyage : 

«Personne d'entre nous ne prévoit de mourir, mais nous savons que cela peut arriver. Vous n'aurez pas ma vie pour rien, mais je suis prête à la donner pour mon rêve», a-t-elle dit lors d'une conférence organisée par Mars One, avant d'entonner avec les autres candidats une chanson qui disait, entre autres, que «Mars One montre le chemin vers les étoiles».

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