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Pour relancer la croissance, faisons venir plus d'immigrés

Temps de lecture : 2 min

Migrants arrivant sur l’île de Lampedusa (Italie), Lampedusa/ Noborder Netword, via Flickr CC licence by
Migrants arrivant sur l’île de Lampedusa (Italie), Lampedusa/ Noborder Netword, via Flickr CC licence by

Dans son dernier article intitulé «Une stratégie économique pour les pays développés: absorber plus d’immigrés», publié dans le New York Times, l’économiste américain Tyler Cowen explique pourquoi les pays occidentaux doivent avoir peur du vieillissement de leurs populations, plus que de l'immigration.

Selon lui, depuis la crise financière de 2008, le débat économique s’est trop principalement concentré sur des questions de politique financière, de stimulation fiscale ou encore de chômage, mais a éludé les questions d’immigration, pourtant facteur essentiel de la croissance.

Pour développer sa théorie, l’économiste se fonde sur un article publié récemment par des chercheurs de l’ONU selon lequel la population mondiale devrait atteindre 12,3 milliards d’individus d’ici 2100. Cette augmentation se concentrant principalement dans des parties du globe en développement comme l’Afrique ou l’Asie du sud, l’économiste propose que les riches pays occidentaux accueillent une partie plus importante de ces populations pour pourvoir au déclin de leurs forces de travail vieillissantes.

Prenant l’exemple du Japon, il explique que la diminution, depuis 1997, de la part des Japonais en âge de travailler a érodé les performances économiques du pays. Avec moins de travailleurs et plus de retraités, le vieillissement de la population a entraîné une perte d’une partie des richesses normalement consacrées «à la revitalisation des entreprises et au dynamisme de l’économie». Le Japon serait alors confronté à un choix: encourager la natalité ou faire venir plus d’immigrés.

Evolution de la population en âge de travailler au Japon, Federal Reserve Bank of St. Louis

Conscient de la défiance qui anime parfois les pays occidentaux sur les questions d’immigration, Tyler Cowen prévient:

«Il y a aussi la question légitime de savoir à quelle vitesse les immigrés peuvent s’adapter à leur nouvel environnement, principalement s’ils arrivent avec un faible niveau d’études et sont confrontés à un marché du travail hautement qualifié.»

Mais pour lui, le recours à l’immigration est une démarche à ne pas écarter. Slate expliquait déjà il y a plusieurs années sous la plume d'Eric Le Boucher que, contrairement à ce qui peut être dit, l’immigration en France est bénéfique pour l’économie, que ce soit en matière d’emploi, de natalité ou de sécurité sociale.

Tyler Cowen conclut en précisant que la France, comme Israël et Singapour, fait partie des pays dans lesquels il existe un réel débat public sur les questions de natalité, accompagné d’une forte politique d’incitation. Le vieillissement de la population dans nos sociétés est un enjeu majeur, et il convient d’envisager toutes les solutions possibles pour le combattre.

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