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Le secteur des nouvelles technologies est obsédé par les corps et la mort

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 10.11.2014 à 12 h 52

Repéré sur The Dailydot, Owni

Une version du bracelet connecté Fitbit par Denis Kortunov | FlickR licence cc by

Une version du bracelet connecté Fitbit par Denis Kortunov | FlickR licence cc by

Des bracelets connectés qui relèvent votre rythme cardiaque et le nombre de pas réalisés dans la journée; des capteurs qui tracent votre sommeil ou votre stress; des fourchettes qui examinent vos bouchées... Pour The Daily Dot, tous les objets actuellement produits par les nouvelles technologies démontrent une seule et même chose: le secteur est obsédé par la mort.

Bien sûr, écrit le site spécialisé américain, ni Apple (qui vient de sortir son kit d'e-santé), ni Fitbit (du nom d'un bracelet connecté) ne font la promotion de leurs produits en ces termes «parce que ce serait inexact et stupide». «Mais c'est ce que nous essayons bien de faire ici, ajoute The Dailydot: essayer de retarder l'inévitable, essayer de "hacker" la mort.»

Difficile de savoir pourquoi une telle obsession polarise autant le domaine, ni d'être absolument certain que le phénomène est nouveau –dans la mesure où les nouvelles technologies, par définition, tentent de contrôler, via des savoirs-faire et des outils inédits, ce qui n'a jusque là jamais été contrôlé. 

Mais il existe bel et bien aujourd'hui un mouvement tendant à suivre en direct les variations de son organisme (le «quantified-self»), qui s'appuie sur différentes applications mobiles, des plus sérieuses (par exemple dans le domaine médical) au plus légères (comme cette application qui permet de comptabiliser ses ébats).

Un mouvement qui, au-delà même de notre propension à scruter nos corps, est susceptible d'avoir de larges répercussions sur nos sociétés. Il y a quelques semaines, nous expliquions comment les compagnies d'assurance aux Etats-Unis comptaient bien s'appuyer sur ces objets connectés pour surveiller la santé de leurs clients. De même, Jean-Laurent Cassely se faisait le relais de la théorie de Tyler Cowen, dans le livre Average is over, selon qui nous assisterons bientôt à une notation généralisée de nos comportements «d’usager, de client, de consommateur et d’être humain».

Et s'il est vrai, comme l'affirme The Dailydot, que la majorité des fabricants de bracelets connectés ne les présentent pas comme des trompe-la-mort, il y a néanmoins une entreprise, et non des moindres, qui ne cache pas ses désirs d'immortalité: Google. Il y a quelques jours, le colosse annonçait vouloir rallier la lutte contre le cancer. Il n'y a pas si longtemps, il annonçait la création d'une société visant à renverser les effets de l'âge et du vieillissement. Et rappelons que Google compte aussi dans ses rangs l'un des plus fidèles représentants du mouvement transhumaniste (selon lequel l'humanité s'augmentera grâce aux nouvelles technologies et accédera ainsi à une nouvelle phase): Ray Kurzweil, connu pour sa consommation quotidienne de centaines de pillules.

Plus loin encore que le contrôle permanent et immédiat des corps, Google a brisé le tabou même de la mort.

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