Monde

«Je suis fatigué»: le nouveau slogan de la protestation au Mexique

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 10.11.2014 à 12 h 12

Repéré sur Euronews, Newser, The Guardian

Une manifestation de soutien aux disparus d'Ayotzinapa, sur la place Zocalo à Mexico, le 8 novembre 2014. REUTERS / Edgard Garrido

Une manifestation de soutien aux disparus d'Ayotzinapa, sur la place Zocalo à Mexico, le 8 novembre 2014. REUTERS / Edgard Garrido

«¡Y a me cansé!» En espagnol, cela signifie «je suis fatigué, ça suffit, j’en ai assez»! C’est en ces termes que le ministre de la Justice Jésus Murillo Karam a mis fin à une conférence de presse au Mexique le 7 novembre, alors que les journalistes l’interrogeaient sur la mort supposée des «43 d’Ayotzinapa», ces étudiants mexicains mystérieusement portés disparus depuis bientôt deux mois, rapporte Euronews.

 Le 7 novembre, Jésus Murillo Karam a déclaré que des suspects auraient conduit les autorités à des sacs poubelle contenant les restes incinérés des étudiants disparus. Ils auraient avoué avoir chargé les manifestants sur une benne, puis avoir brûlé leurs corps, jeté les cendres et les restes d’os dans une rivière. Mais devant l’absence de preuves définitives, le ministre de la Justice n’a pas confirmé la mort des étudiants.

Les manifestants, eux aussi, sont fatigués. Ils se sont appropriés le cri lancé par le ministre lors de sa conférence inachevée. #Yamecanse est devenu un hashtag largement relayé sur Twitter, pour exprimer son ras-le-bol, à la fois du système politique et de la corruption liée au commerce de la drogue qui fait des ravages au Mexique.

The Guardian rapporte que le hashtag «[..] a poursuivi sa tendance au niveau mondial samedi, et a commencé à émerger dans les graffitis, les caricatures politiques et dans les messages vidéo postés sur YouTube».

La cinéaste Natalia Beristain a ainsi déclaré dans une vidéo:

«Je suis fatiguée des Mexicains disparus, des meurtres de femmes, des morts, des décapités, des corps qui pendent des ponts, des familles brisées, des mères sans enfants, des enfants sans père».

En septembre, le joueur de football Javier «El Chicharito» Hernandez, star de l’équipe mexicaine, avait déjà lancé sur Twitter le hashtag #Ayotzinapasomostodos («nous sommes tous d’Ayotzinapas») en soutien aux familles des disparus.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte