LGBTQ

The Advocate grime Poutine en Hitler et le désigne «personne de l'année»

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 08.11.2014 à 19 h 46

Repéré sur The Advocate, Poynter

Vladimir Poutine en couverture du numéro décembre janvier de The Advocate.

Vladimir Poutine en couverture du numéro décembre janvier de The Advocate.

Vladimir Poutine est donc la «personne de l'année» 2014 pour The Advocate.

Son visage est en gros plan, en couverture du magazine LGBTQ, qui n'a pas laissé au hasard la typographie et place son «person of the year» pile entre la bouche et le nez du président russe, qui devient ainsi Adolf Hitler. Et comme le détaille Aaron Hicklin le directeur éditorial de The Advocate, sur Poynter, cette similarité n'est pas un accident.

«Nous ne chercons pas à dire que "c'est le nouveau Hitler". Nous voulons juste dire "voici l'homme qui continuera à aller plus loin si vous le laissez tranquille".»

Poynter raconte que la une a été sujet à de nombreux débats au sein de la rédaction. «Ils ont mis au point le magazine en espérant que cette juxtaposition controversée allait contribuer à nourrir le débat autour des droits LGBT à l'étranger.»

«Si personne ne fait attention à vous, alors cela ne sert à rien de lancer une conversation», estime Aaron Hicklin.

Dans un long article qui accompagnait la publication de la couverture du magazine Jeremy Lybarger expliquait le choix du président russe comme «personne de l'année».

«Vladimir Poutine est programmé pour intimider. Et cette tendance est encore plus frappante dans sa croisade contre la communauté LGBT russe. Depuis sa victoire en 2012 pour un troisième mandat en tant que président, Poutine est devenu encore plus autocratique, et son idéologie anti-gay encore plus extrême. En juin 2013, il a signé une loi de propagande célèbre qui criminalise la "distribution d'information... ayant pour but de former des mineurs à des attitudes sexuelles non-traditionnelles". Non-traditionnelles, cela veut dire autres que hétérosexuelles. Ceux qui violent la loi sont condamnés à des amendes entre 120 et 150 dollars (entre 95 et 120 euros). Pour les ONG et les entreprises, ces amendes peuvent atteindre 30.000 dollars (24.000 euros).»

Interrogée par le magazine, Tanya Cooper de Human Rights Watch, raconte qu'il y a eu «une campagne pour exposer tous les maux de la culture occidentale et dire que les immigrés, les progressistes inspirés par la culture politique occidentale et les membres des communautés LGBT étaient des exportations de l'Occident et donc étrangers à la Russie». Et comme «la notion de pureté russe est la pierre angulaire de l'identité de Poutine», souligne le magazine, la communauté LGBT est ostracisée.

The Advocate rappelle qu'en Russie, 72% de la population pense que «l'homosexualité est inacceptable» et que «des Russes membres de la communauté LGBT continuent d'être fréquemment victimes d'agressions ou de meurtres».

L'an dernier, le magazine avait fait du pape François sa «personnalité de l'année».

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