EconomieFrance

«Un pays n’est pas une entreprise», ou pourquoi la candidature de Karine Charbonnier peut encore attendre

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 07.11.2014 à 17 h 12

Repéré sur New York Times

Les meilleures relances de Karine Charbonnier, sur le site de Libération

Les meilleures relances de Karine Charbonnier, sur le site de Libération

Jeudi 6 novembre, François Hollande se prêtait sur TF1 à l’exercice du bilan de mi-mandat «en direct avec les Français», en l’occurrence avec quatre d’entre eux. Parmi ces Français-témoins, choisis avec grand soin pour leurs caractéristiques socio-démographiques comme pour les problématiques auxquelles les rattacher, la chef d’entreprise Karine Charbonnier n’a laissé personne indifférent.

Et même si elle n’a qu’une centaine de pouces levés pour l’instant, une page Facebook a été créée dans la foulée «pour tous ceux qui ont trouvé si pugnace la chef d'entreprise Karine Charbonnier face à François Hollande.» La description de la page va même jusqu’à exiger «KARINE CHARBONNIER À l'ÉLYSÉE!»

Outre son charisme, les internautes et les milieux d’affaires ont noté une forme de bon sens et de réalisme qu’ils ont opposés à l’éloignement du terrain qu’on reproche tellement aux responsables politiques. On trouve dans cet engouement un écho à la dernière chronique de l’économiste (keynésien, classé à gauche et Prix Nobel 2008) Paul Krugman dans le New York Times, pour qui il existe «un sentiment commun à beaucoup de pays, y compris les Etats-Unis, qui veut que si l’on souhaite régler les soucis d’une économie à problèmes, l’on devrait se tourner vers les gens qui ont réussi dans les affaires, comme les dirigeants des grandes entreprises, des entrepreneurs ou des investisseurs aisés.» (On utilise la traduction de la chronique publiée sur le site de la RTBF.)

Sauf qu’«en fait, les chefs d’entreprises donnent souvent de très mauvais conseils économiques, notamment en période troublée», estime l’économiste. A l’inverse, ajoute-t-il, «la Banque centrale européenne a été sauvée du désastre sous l’égide de Mario Draghi, qui a passé la majeure partie de sa carrière dans les universités et le service public». Il ne faut pas en déduire pour autant que tous les chefs d’entreprise sont mauvais en macro-économie et que tous les technocrates y excellent, mais l’article de Krugman veut rappeler que les règles pour mener une entreprise vers la réussite ne sont pas celles qui permettent de bien gérer un Etat.

Les raisons de cette illusion sont nombreuses, écrit Krugman dans un article justement intitulé «Un pays n’est pas une entreprise». Les livres d’investisseurs à succès ont beau regorger d’anecdotes sur leur réussite, remarque l’économiste, ils ne donnent en général pas de recette à appliquer pour réussir soi-même: «Les chefs d’entreprise réussissent non en développant une théorie générale de l’entreprise mais en trouvant les stratégies de produit et les innovations organisationnelles qui fonctionnent.» Et quand ils essaient de codifier ces réussites après coup, le résultat est souvent décevant...

Mais Karine Charbonnier ferait néanmoins une bonne remplaçante de Pierre Gattaz. 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte