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Comment l'identité de Robert O'Neill, l'homme qui affirme avoir tué Ben Laden, a fini par filtrer

Temps de lecture : 2 min

Une vue aérienne de la maison où a été retrouvé Ben Laden a Abbottabad (Pakistan). REUTERS/Department of Defense.
Une vue aérienne de la maison où a été retrouvé Ben Laden a Abbottabad (Pakistan). REUTERS/Department of Defense.

On sait désormais qui est l’homme qui affirme qu’il a tué Oussama ben Laden lors de l’opération menée le 2 mai 2011 à Abbottabad (Pakistan): il s’agit, révèle le Washington Post, de Robert O’Neill, un soldat de 38 ans qui a aujourd'hui quitté l'armée et donne des conférences de motivation. Mais derrière ce scoop se cache un processus médiatique complexe, entre possible coup de pub et règlements de comptes.

Le 29 octobre, Fox News annonçait la diffusion, les 11 et 12 novembre, d'une interview exclusive du Navy SEAL qui a tué le leader d'al-Qaida. Le 3 novembre, un premier média publiait son nom, et il ne s'agissait pas d'un média grand public mais de Sofrep, un site animé par des vétérans des opérations spéciales. Sous le pseudonyme Frumentarius, un contributeur y révélait une lettre envoyée par le commandement des Navy SEAL visant à rappeler l'engagement de confidentialité de ses membres même après leur départ, et ajoutait:

«Ce qui n’est pas abordé c'est la possibilité selon lequel l’ancien SEAL, qui s'avère être en réalité l’ancien membre du Red Squadron Robert O’Neill, cherche à se faire un coup de pub pour son histoire à lui.»

Le rédacteur en chef du site, Jack Murphy, avait alors expliqué à Business Insider que l’information provenait de «deux sources indépendantes» au sein de l’armée américaine. Business Insider avait refusé de publier le nom faute de pouvoir le confirmer de son côté, de même que CNN. C’est finalement le Daily Mail qui, le 6 novembre, a publié le nom après avoir notamment interviewé le père de O’Neill, poussant le Washington Post, dans lequel O'Neill avait prévu d'être officiellement interviewé à l'occasion de la diffusion de l'interview sur Fox News, à anticiper sa publication.

Selon le quotidien américain, avant même que le nom d’O’Neill soit publié ces derniers jours, il avait déjà commencé à filtrer dans les communautés militaires et politiques, «où un certain nombre de membres du Congrès connaissaient l’histoire et [l']avaient félicité personnellement, selon lui. Les journalistes commençaient eux aussi à entendre son nom».

Reste à savoir si l’histoire qu’O’Neill s’apprête à raconter à la télévision est vraie. Selon deux membres des SEAL interrogés par l’Associated Press, il serait bien l’homme qui a porté le coup fatal à Ben Laden. Un autre ancien membre des SEAL a affirmé au New York Times que Ben Laden avait dans un premier temps été blessé au côté par un éclaireur, qui a ensuite écarté sur le côté les femmes qui étaient présentes dans la pièce avant que O’Neill ne porte le coup fatal. C’est la version qu’avait déjà fournie Esquire en 2013, dans un article très contesté qui donnait la version du tireur:

«Il avait une casquette et ne semblait pas blessé. Je ne peux pas en être sûr à 100% mais il était debout et il bougeait. Il la tenait devant lui. Peut-être comme un bouclier, je n'en sais rien. [...] C'est lui, boum, c'est fini.»

Mais un autre participant au raid, Matt Bissonnette, a lui publié un livre où il racontait que l'éclaireur a ouvert le feu sur Ben Laden en montant les escaliers de la maison et a cru l'avoir manqué. Ce sont pourtant ces coups de feu qui se seraient révélés fatals. Bissonnette, qui publie un autre livre la semaine prochaine, maintient aujourd'hui sa version.

Slate.fr

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