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Un mauvais titre d'article est aussi mauvais pour votre mémoire

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 07.11.2014 à 11 h 56

Repéré sur Pacific Standard, Fastcodesign

Migraine. Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

Migraine. Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

Cliquer sur un titre d’article puis s’apercevoir que le contenu n’a rien à voir, c’est (parfois) frustrant. Mais un titre mal choisi n’est pas seulement trompeur, il pourrait également influer sur l’information que vous allez mémoriser, selon une étude de l’université de Western Australia que relaie le Pacific Standard. Et ce même si vous avez lu l’article en entier.

Pour cela, les chercheurs ont mené deux expériences. Ils ont d’abord demandé à 51 étudiants de premier cycle universitaire de lire un faux reportage sur les décès ou les cambriolages liés aux catastrophes naturelles, qui mentionnait que leur nombre augmentait à court terme mais diminuait à long terme. Une moitié des participants a lu l’article accompagné d’un titre précisant cette tendance à la baisse sur le long terme, l’autre un titre soulignant la légère augmentation sur le long terme. Tous les étudiants ont ensuite été soumis à un test de lecture: ceux qui avaient lu le bon titre ont donné 58% de bonnes réponses, contre 46% pour ceux qui ont lu le mauvais.

Pour la deuxième expérience, 47 étudiants ont lu de faux reportages sur une fraude fiscale, dont le titre et le premier paragraphe se concentraient soit sur la victime, soit sur le coupable. Les articles étaient accompagnées d’une photo mentionnant un nom, qui était celui de la victime ou du coupable. Les chercheurs ont ensuite demandé aux étudiants s’ils avaient une opinion positive sur les personnes en photo. Lorsque le titre était centré sur l’auteur des méfaits, cette opinion était plus volontiers négative.

Fascodesign souligne que le lecteur est parfaitement capable de faire l’effort mental pour corriger ce qu’il considère comme un titre trompeur, mais encore faut-il qu’il puisse l’identifier en tant que tel. Car le problème, selon les chercheurs, c'est que ces titres ne sont pas nécessairement mauvais:

«Un titre peut être utilisé pour semer le doute dans la tête de quelqu’un, même quand chaque mot, à la fois dans le titre et dans l’article qui l’accompagne est exact.»

L’étude estime également, rapporte Fastcodesign, que la confiance accordée à un titre d’article dépend de différents paramètres, parmi lesquels la confiance ou non dans les études scientifiques et la confiance dans le média lui-même, en fonction de sa réputation.

Il n’est donc pas évident d’éviter les écueils, et la tentation est encore plus grande si l’on souhaite (et en général, c’est le cas) que les articles soient partagés et lus. Par exemple, pour être repéré sur Reddit, il faut donner dans le titre «différent mais pas trop», faire des phrases courtes et si possible interrogatives. Pour réussir sur Facebook, le titre de l’article doit être «empaqueté», c’est-à-dire parler de l’émotion que le contenu doit provoquer chez le lecteur et non du contenu lui-même.

Bref, l’auteure de ces lignes se demande bien ce que vous allez retenir de cet article.

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