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La Californie réduit les peines pour la drogue, ça fera des économies

Temps de lecture : 2 min

L'Etat abandonne sa politique d'incarcération de masse.

Des détenus en Californie en 2013. REUTERS/Max Whittaker
Des détenus en Californie en 2013. REUTERS/Max Whittaker

Le 4 novembre, plus de 58% des électeurs de Californie ont approuvé une mesure (la «proposition 47») qui fait de la possession de drogue un délit mineur et réduit les peines minimum pour les infractions non violentes.

Comme cette loi est rétroactive, des milliers de détenus devraient être libérés dans les mois à venir, explique le Los Angeles Times. Avant le passage de la loi, une personne arrêtée pour possession d'héroïne ou de métamphétamine risquait une peine de plus d'un an de prison. Depuis la victoire du oui, le passage en prison, s'il est décidé par le juge, sera considérablement plus court.

Selon les estimations, la réduction du taux d'incarcération permettra d'économiser des centaines de millions de dollars annuellement. Cet argent sera réinvesti, entre autres, dans les centres de désintoxication, le traitement des malades mentaux et la prévention de l'échec scolaire. Des mesures censées, à long terme, contribuer à réduire la population carcérale.

Ce vote est d'autant plus significatif qu'il y a vingt ans, les électeurs de Californie avaient approuvé par référendum la fameuse loi des «trois coups» (three strikes), qui sanctionnait très lourdement les récidivistes, même non violents. Suivant cette mesure, être arrêté deux fois pour vol et une fois pour possession de drogue pouvait entraîner des condamnations à plus de vingt-cinq ans. Environ quatre mille Californiens avaient ainsi été condamnés à la prison à perpétuité pour trois infractions non violentes.

Il y a deux ans, un autre référendum approuvé à 69% des voix –la proposition 36– avait déjà permis de réduire les peines des détenus condamnés dans le cadre de la loi des «trois coups», notamment lorsque les juges estimaient qu'ils n'étaient pas dangereux pour la société.

Dans Mother Jones, le journaliste Shane Bauer explique que l'incarcération de masse est devenue extrêmement impopulaire dans le pays, même chez les conservateurs, qui ont bien vu que la surpopulation carcérale coûtait cher aux contribuables. Contrairement à ce qu'on aurait pû penser, la campagne pour le oui à la proposition 47 en Californie a en effet été soutenue financièrement par un multimillionnaire plutôt habitué à donner de l'argent aux candidats républicains.

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