Culture

VIDEOS. A la rencontre du petit génie de la bande-annonce

Temps de lecture : 2 min

Il s’appelle Mark Woollen, il a 43 ans et, depuis plusieurs années, il transforme les fameux «trailers» du cinéma en véritables œuvres d’art.

Terrence Malick, David Fincher, Lars von Trier, les frères Coen , Michel Gondry, Sofia Coppola, Steven Soderbergh, Wes Anderson… Voici quelques noms des plus grands réalisateurs qui ont fait appel à lui. Ce n’est pas un hasard: Mark Woollen et sa société produisent depuis de nombreuses années quelques-unes des plus belles bandes-annonces du cinéma.

«Si l’étude des bandes-annonces était un sujet de licence dans les écoles de cinéma, ses spots pour La Liste de Schindler, Traffic, The Social Network, A Serious Man, 12 Years of Slave, et Little Children seraient canoniques», affirme le site Vulture, qui l'a rencontré: «C’est peut-être le réalisateur le plus visionnaire d’Hollywood».

Aujourd’hui, les grosses majors du cinéma américain savent que le succès d’un film (ou son échec) peut se jouer sur une bande-annonce, alors elles mettent le paquet, comme l’explique le magazine dans un article repéré par Reader:

«Un moyen d’attraper des millions d’internautes est de montrer les meilleures répliques et les explosions, quitte à trop en dévoiler sur le film, pour promettre à l’audience toujours plus, plus, plus… plus de la même chose.»

A l'opposé du travail de Mark Woollen, on peut citer en exemple la bande-annonce du prochain Fast and Furious, qui dévoile une scène d’action, il faut l’avouer, impressionnante.

En montrant cette scène, le film harponne le spectateur, qui espère en voir encore plus en allant le voir dans les salles. Ce qui est rarement le cas.

Mark Woollen n’a pas cette vision des choses. «Je tâche de ne jamais oublier que mes meilleurs souvenirs de cinéma sont souvent des films qui m’ont pris par surprise, sans savoir de quoi il s’agissait», explique-t-il à Libération dans une interview accordée en janvier dernier.

«Une fois qu’il a trouvé l’ADN du film, il la transmet non pas en révélant l’histoire, mais en exprimant, d’une façon claire et mystérieuse, son essence même», explique le réalisateur Alejandro González Iñárritu, qui fait appel à lui depuis longtemps. «Le meilleur travail de Woollen jette la plupart de l’architecture narrative du film par la fenêtre, laissant non pas le sujet du film mais son humeur», ajoute Vulture. «La chose la plus importante est la toute première impression que produit le film, quand je ne sais rien de ce qu’il raconte. Quoi que je pense du film, c’est à cela que je m’accroche», racontera Woollen. Et cette manière de travailler est particulièrement criante avec le trailer de The Social Network (en haut de l'article), ou celui de Little Children.

Timide maladif, Mark Woollen a commencé à faire du mixage sur des cassettes VHS dans le club vidéo de son lycée et n’est pas allé à l’université. Il atterri vite au département trailer d’Universal et, à 22 ans, il participe au montage de la bande-annonce de La liste de Schindler. Le réalisateur Steven Spielberg décidera de garder son travail, sans presque rien retoucher. La carrière du jeune homme était lancée, et très vite il monte sa propre entreprise. Avec 20 employés à peine, il sort un peu plus de 70 bandes-annonces par an.

Mais comme il l'avoue lui-même à Vulture, côtoyer de grands réalisateurs et analyser leur travail lui a vite donné des idées. «J’ai passé tellement de temps dans les films des autres, dans les mondes qu’ils ont créés, qu’il se peut que je veuille en créer moi-même.»

En revanche, comme il l'explique à Libération, pour faire la bande-annonce de son propre film, il est catégorique: «Je la confierai à quelqu'un d'autre.»

Slate.fr

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