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Deux pages importantes ont été enlevées du dernier rapport du Giec

Global warming get warmer houses, sweet Photo Flickr CC par Mikael Miettinen

Global warming get warmer houses, sweet Photo Flickr CC par Mikael Miettinen

Dans sa nouvelle mise en garde contre le réchauffement climatique, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a publié son cinquième rapport de synthèse, après ceux de 1990, 1995, 2001 et 2007. Tout au long de ses 166 pages, les données alarmantes s'enchaînent, mais elles auraient pu être pires: deux pages ont été retirées juste avant la finalisation du rapport.

Cette année, les conclusions du Giec s'affinent, comme l'explique Le Monde. les chercheurs sont désormais sûrs à 95% que l'Homme est responsable du changement climatique, que le niveau de la mer pourrait augmenter de près d’un mètre d’ici 2100, ou encore qu’il faudrait baisser de 70% les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050 si l’on veut maintenir l’augmentation des températures de seulement +2 degrés.

Mais selon le Washington Post, «le message aurait pu être encore plus fort. Une des parties les plus importantes du rapport a été enlevée à la dernière minute lors des négociations à Copenhague». En effet, le passage en question, qui a demandé presque 3 ans de travail,  était un encadré intitulé «Informations relevant de l’article 2 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC)». Le CCNUCC, c’est le traité mondial signé en 1992 et désormais ratifié par 189 pays, dont les Etats-Unis.

Jean-Pascal van Ypersele, l'un des rédacteurs du rapport du GIEC. 

Le fameux article 2 de ce traité vise à prévenir «toute interférence dangereuse de l’homme sur le système climatique». L’encadré du rapport contenait des données préoccupantes relatives au principe instauré par l’article 2. Par exemple, le passage en question «fournissait une échelle de temps très précise pour les émissions correspondant aux +2 degrés de réchauffement», explique Jean-Pascal van Ypersele, l’un des rédacteurs du rapport. Des informations qui auraient exigé plus de la part des gouvernements et qui auraient donc certainement compliqué les négociations internationales sur le prochain traité climatique. En effet, nous n’aurions droit qu’à 1.000 milliards de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone d’ici 2100 si l’on veut maintenir 2 degrés d’augmentation. Au rythme actuel, cela ne prendrait que 20 ans à 30 ans. «Ce sur quoi les scientifiques n’ont pas le dernier mot est ce qui n’apparaît pas dans le rapport», ajoute-t-il.

Car comme le rappelle le Washington Post, les rapports fournis par le Giec doivent bénéficier de l’accord politique des pays qui composent l’ONU, dont dépend le groupe d'experts. Si les chercheurs peuvent demander à ce que des imprécisions soient corrigées dans le rapport, les gouvernements peuvent demander à ce que des morceaux soient enlevés. Michael Oppenheimer, qui fait partie des scientifiques responsables du rapport, estime que cette partie précise n’a pas plu à certaines instances politiques.

«A la fin, les gouvernements n’ont pas pu obtenir d’accord, et comme le temps manquait, cet encadré est passé à la trappe.»

Et selon le site Vox.com, les récentes élections de mi-mandat aux Etats-Unis, gros pays pollueur, ne vont pas arranger les discussions en faveur de mesures contre le réchauffement climatique.

«Le prochain Congrès républicain sera encore plus hostile à la politique climatique que l'ancien. Le changement climatique n'est pas une grande propriété dans la politique américaine.»

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