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Ivre, le président tchèque traite les Pussy Riot de putes et accuse son gouvernement d'être un proxénète

Temps de lecture : 2 min

Milos Zeman (à droite)et le Premier ministre Bohuslav Sobotka (à gauche), en janvier 2014. REUTERS/ David W. Cerny
Milos Zeman (à droite)et le Premier ministre Bohuslav Sobotka (à gauche), en janvier 2014. REUTERS/ David W. Cerny

Proférer des insultes quand on est président d’un Etat, ce n’est pas toujours conseillé. On se souvient de l'épisode «Casse-toi pov'con» de Nicolas Sarkozy en 2008, c’est au tour aujourd’hui du président tchèque Miloš Zeman de subir les foudres des médias et l’ire de son peuple. Comme le rapporte Le Washington Post, Miloš Zeman s’en est violemment pris au gouvernement tchèque et au groupe de chanteuses protestataires russes, les Pussy Riot. Dans les deux cas, en des termes particulièrement imagés et grossiers.

Interviewé à la radio depuis la résidence présidentielle du château de Lány, le président tchèque, apparemment ivre, a expliqué que le gouvernement avait «foiré» la loi sur la dépolitisation de la fonction publique qu’il était en train de préparer, avant d’ajouter que le gouvernement avait «fait une erreur en cédant à l’opposition, il a prostitué la fonction publique».

Puis il s’en est pris aux chanteuses russes (dont trois d’entre elles avaient été condamnées à 2 ans d’emprisonnement en camp de travail pour vandalisme et incitation à la haine religieuse, après avoir chanté «Marie mère de Dieu, chasse Poutine !» dans une église). Manifestement particulièrement hostile à leur égard, il a déclaré:

«Savez-vous ce que cela veut dire une "pussy” ? Une chatte. […] Dans les textes de ce groupe, c’est une chatte par-ci et une chatte par-là, […] moi je ne vais pas soutenir des putes.»

Le Premier ministre Bohuslav Sobotka a énergiquement commenté l’incident en expliquant que selon lui «le président ne devrait pas parler en ces termes, il entache la réputation de la présidence, donne un mauvais exemple et ne fait rien pour notre image à l’étranger».

Cependant, Miloš Zeman est un habitué du fait. En voyage diplomatique en Chine fin octobre, il avait expliqué qu’il n’était pas venu pour «donner des leçons sur les droits de l’homme, […] mais pour y apprendre comment […] stabiliser la société», ce qui avait provoqué un petit scandale. En juin dernier, il avait aussi tenu un discours officiel clairement polémique sur l’islam et sur son lien avec la violence:

«Je ne connais aucun mouvement qui appelle au génocide des arabes. En revanche, je connais un mouvement anti-civilisationnel qui appelle au génocide des juifs [à propos du Hamas]. […] Voulons-nous réellement être politiquement correct et prétendre que tout le monde est gentil et que seulement quelques groupes extrémistes et fondamentalistes commettent ce genre de crime [tuerie du musée juif de Bruxelles]?»

Plusieurs médias pointent du doigt les sérieux problèmes d’alcool de Miloš Zeman, notamment le Washington Post, qui laisse ses lecteurs décider si le président tchèque était ivre, ou non, à cette cérémonie à laquelle il assistait quelques temps après son élection. On vous laisse également décider:

Slate.fr

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