Monde

La presse américaine refuse de donner le nom du Navy Seal qui a tué Oussama Ben Laden

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 05.11.2014 à 11 h 50

Repéré sur SOFREP, CNN, Business Insider

D'ailleurs, on ne sait toujours pas si c'est bien lui

Une statue de Ben Laden mort dans une exposition à La Havane, en 2012. REUTERS/Enrique De La Osa.

Une statue de Ben Laden mort dans une exposition à La Havane, en 2012. REUTERS/Enrique De La Osa.

Dans la nuit du 11 au 12 novembre et du 12 au 13 novembre, Fox News va diffuser un documentaire sur l'homme qui annonce avoir tué Oussama Ben Laden lors du raid sur Abbottabad, ville du nord du Pakistan, en mai 2011.

Dans cette édition spéciale, explique ainsi Deadline, «l'identité de l'homme sera révélée et il décrira les événements qui ont mené et ce qui s'est passé pendant le raid qui s'est déroulé le 1er mai 2011.»

Après un livre et un long article publié dans Esquire, la polémique se poursuit donc pour savoir qui est le fameux Navy Seal qui a tué le terroriste le plus recherché du monde, dans son complexe, au Pakistan.

Ce lundi 3 novembre, un blog américain spécialisé, SOFREP, annonçait avoir identifié l'homme qui doit s'exprimer dans une semaine sur Fox News. Le blog confirme que c'est le même homme qui avait confié son histoire à Esquire, en mars dernier. Mais le reste de la presse américaine ne semble pas tout à fait à l'aise avec le fait de donner un nom. CNN et Business Insider ont ainsi préféré dire que SOFREP pensait avoir identifié l'homme qui a tué Ben Laden, en renvoyant vers l'article.

SOFREP a également mis la main sur une lettre envoyée par la direction du Naval Special Warfare (qui comprend les Navy Seal 6) qui tient à rappeler que les membres des Navy Seals n'ont pas le droit de s'exprimer sur leurs missions même après avoir quitté leur poste:

«Un aspect important de notre philosophie, c'est que nous ne parlons pas de notre travail ou cherchons de reconnaissance pour nos actions. [...] Les informations classifiées sont protégées par la loi. [...] Nous attaquerons en justice les membres qui violent intentionnellement la loi et mettent en danger nos coéquipiers, nos familles et nos potentielles futures opérations. Continuez à servir avec honneur, sur et en dehors du champ de bataille.»

Depuis cette fameuse nuit, deux anciens membres des Navy Seals qui ont organisé cette opération se sont exprimés pour dire qui avait appuyé sur la gâchette pour tuer l'homme le plus recherché du monde. Le premier, Matt Bissonnette –sous le pseudo de Mark Owen– a publié un livre où il racontait entre autre que l'éclaireur a ouvert le feu sur Ben Laden en montant les escaliers. Comme nous le rappelions en mars dernier, «Ben Laden se serait alors réfugié dans sa chambre où les Seals l’ont trouvé effondré sur le sol dans une mare de sang, avec un trou sur le côté droit de la tête. Ils ont ensuite tiré sur le corps inanimé plusieurs fois.»

Quelques mois plus tard, un autre membre de l'équipe des Navy Seals présente ce soir-là au Pakistan racontait à Esquire –sous couvert d'anonymat– que l'éclaireur avait dû rater Ben Laden. Lorsqu'il s'est retrouvé en face de lui au troisième étage du complexe, Ben Laden se serait alors servi d'une femme comme bouclier –ce qui contredit la seconde version officielle.

«Il avait une casquette et ne semblait pas blessé. Je ne peux pas en être sûr à 100% mais il était debout et il bougeait. Il la tenait devant lui. Peut-être comme un bouclier, je n'en sais rien. [...] C'est lui, boum, c'est fini.»

La polémique ne s'était pas arrêté en si bon chemin. Plusieurs sites et médias –dont SOFREP– avaient ensuite déclaré qu'Esquire s'était fait berner par un faux récit. Un autre Seal prétendait que «Le Tireur» d'Esquire n'était pas le vrai tireur, et The Wire s'énervait déjà de cette situation assez ubuesque.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte