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Les femmes en Inde vont-elles enfin avoir le droit de travailler comme maquilleuses de cinéma?

Temps de lecture : 2 min

Made up! Pete via Flickr CC License by
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L’industrie indienne du cinéma est encore plus forte qu’Hollywood: rien qu’en 2012, elle a produit 1.602 films, selon Forbes. Et pourtant, depuis 59 ans, les femmes n’ont pas l’autorisation d’officier à Bollywood en tant que maquilleuses, à cause d’une clause de l’Association des maquilleurs et coiffeurs de l’industrie du cinéma et du costume (CCMAA). Clause que la Cour suprême lui a ordonné de lever le 3 novembre, rapporte The Indian Express.

Tout a démarré lorsque Charu Kurana, une maquilleuse indienne formée en Californie, s’est vue refuser sa demande de carte professionnelle de maquilleuse par la CCMAA en 2009, au motif qu’elle était une femme. En 2013, elle a saisi le tribunal, accompagnée de huit autres professionnelles.

D’après Reuters, l’industrie indienne du cinéma emploie plus de 250.000 personnes, qui sont pour la plupart des contractuels, et les femmes sont présentes dans tous les corps de métiers. Sauf chez les maquilleurs, donc, où la règle qui interdit leur présence est censée, d’après les syndicats, garantir que les hommes ne manquent pas d’emploi. En plus de Bollywood, elle concerne aussi Delhi, Bangalore, Kolkata et Kochi.

La BBC explique que la clause s’est toujours appliquée sans exception, même pour les acteurs et les réalisateurs les plus célèbres:

«[...] Une actrice à qui j’ai parlé m’a dit que cela mettait les femmes mal à l’aise que leur corps soit maquillé par des hommes, mais qu’elles n’avaient vraiment pas le choix. Les producteurs qui ont défié cette règle ont dû payer de lourdes amendes, et les artistes n'ont pas été créditées aux génériques des films.»

Les femmes qui voulaient travailler sur les plateaux ont été requalifiées en coiffeuses, ou ont été contraintes de travailler dans la clandestinité, souligne le site Jezebel:

«[...] les femmes maquilleuses ont été reléguées à travailler essentiellement pour les mariages et les défilés de mode, et ont même été introduites en douce sur les plateaux de tournage et cachées pour pouvoir faire leur travail.»

Le 3 novembre, les juges ont reconnu la clause comme sexiste, constituant à la fois une humiliation et une discrimination contraire à la Constitution, rapporte India Today. NPR relève que l’association a déjà refusé de l'effacer par le passé, même sur ordre du gouvernement de l’Etat de Maharashtra, dans lequel se situe Bollywood.

Cette fois, la requête concerne en particulier l'industrie de Bombay, mais les juges ont également l’intention de prendre des mesures contre les industries régionales. Ils ont donné au syndicat une semaine pour donner une réponse positive, avant l’audience finale qui devrait avoir lieu le 17 novembre:

«Vous feriez mieux d’effacer cette clause de vous-même. Otez-la immédiatement. Nous sommes en 2014, pas en 1935 [...]»

Slate.fr

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