Tech & internet

Quand Breakr, une étrange start-up américaine, essaie de récupérer le succès du mème «Alex from Target»

Temps de lecture : 2 min

Photo d'Alex, employé dans un supermaché Target (via Twitter/@auscalum).
Photo d'Alex, employé dans un supermaché Target (via Twitter/@auscalum).

Ce mardi, on vous parlait d'Alex de Target, la dernière vedette d'Internet. En l'espace de quelques heures et d'une photo prise à la caisse d'un magasin Target, où il travaille, le jeune homme et son visage bieberesque sont devenus l'un des sujets les plus commentés sur Twitter. Selon Topsy, le hashtag #AlexfromTarget a été mentionné plus de 1.5 million de fois. Plusieurs médias traditionnels, comme le Guardian et le Washington Post se sont également intéressés à son histoire.

Alors qu'on pensait que tout cela était une bonne blague de plus née sur les Internets, une entreprise inconnue jusqu'alors (et encore en betâ) du nom de Breakr, qui explique mettre en relation les fans avec les communautés de fans, clame être à l'origine de tout ceci.

«Nous ne sommes pas une entreprise de marketing, nous sommes un réseau de divertissement multi-plateformes pour la génération Z et les "millennials".»

CNET explique que le PDG et cofondateur de Breakr, Dil-Domine Jacobe Leonares, affirme avoir obtenu l'autorisation d'Alex pour que la photo soit prise et utilisée, et que l'expérience a permis à l'entreprise «d'observer les fans d'Alex et ceux qui ne l'aimaient pas et de voir comment cela a permis de rendre Alex de Target si célèbre. Alex travaille à Target avec une personne qui est sur Breakr.»

De là, avec son réseau de fans influents, Breakr aurait réussi à faire d'Alex l'un des sujets les plus discutés de Twitter et lui aurait permis de devenir la nouvelle star de l'Internet, raconte BuzzFeed.

«Tout était basé sur la beauté, a expliqué le PDG de Breakr à CNN. Vous mettez un joli garçon en face de filles et les filles deviennent folles de lui.»

Petit problème –en plus de la condescendance affichée par le dirigeant–, ni Alex de Target (Alex Lee de son vrai nom), ni la personne à l'origine du tweet qui a tout déclenché, qui vit par ailleurs à Londres, ne disent connaître Breakr ou son PDG.

Finalement, Breakr a reconnu que @auscalum, qui a posté le tweet à l'origine du mème, ne travaillait pas pour l'entreprise.

Mais s'il consent désormais ne pas être à l'origine du phénomène, le réseau social estime toujours avoir une part dans son explosion, comme l'explique son PDG dans une interview à BuzzFeed:

«Quand on lui a demandé spécifiquement s'il pensait que Breakr pouvait revendiquer être derrière la viralité d'Alex Lee, Leonares a dit que c'était une réaction en chaîne et que Breakr en était l'un des maillons.»

A la suite de ces propos, CNET a mis à jour son article, expliquant que «Leonares dit maintenant que son entreprise n'est qu'une petite partie de cet évènement mondial».

Autre léger problème, le PDG de Breakr n'a aucune preuve de tout ce qu'il avance. La presse est donc assez sceptique. Selon BuzzFeed, qui a publié un long article sur le sujet, «il n'y a aucune preuve qu'une entreprise soit derrière le mème». CNN confirme que «tout le monde n'y croit pas». Pour Mashable, «la théorie de Leonares n'a pas été confirmée par qui que ce soit d'impliqué, et l'entreprise ne semblait initialement pas avoir beaucoup de poids dans les médias sociaux. L'application n'a que 32 commentaires dans l'App Store d'iTunes. Les comptes Twitter et YouTube mentionnés par Breakr et qui feraient partie de son énorme réseau comptent moins de 1.000 followers.»

Slate.fr

Newsletters

Les cochons nains ne seront pas toujours si mignons

Les cochons nains ne seront pas toujours si mignons

Ne vous laissez pas avoir par l'effet de mode.

YouTube, réseau préféré de l’extrême droite américaine

YouTube, réseau préféré de l’extrême droite américaine

Le site de partage de vidéos est l'un des outils de radicalisation les plus puissants.

OnlyFans, le porno de la jeune génération

OnlyFans, le porno de la jeune génération

Les internautes s'inscrivent et paient un abonnement pour suivre leurs stars, célèbres ou amatrices.

Newsletters