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Les marques de «junk food» ciblent les ados sur Facebook

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 04.11.2014 à 18 h 21

Repéré sur American Journal of Public Health, Université de Sydney, Tech Times

Soda Pop Confusion/ Vox Efx via Flickr CCLicence By

Soda Pop Confusion/ Vox Efx via Flickr CCLicence By

Le très fort intérêt de certains ados pour la junk food pourrait être notamment lié à Facebook. Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Sydney, publiée dans l’American Journal of Public Health, montre que les marques proposant de la malbouffe (ici définie comme un ensemble de produits «très caloriques et pauvres en éléments nutritifs») utilisent beaucoup ce réseau social pour leur marketing à destination des adolescents.

Pour arriver à ces conclusions, ils ont analysé 27 pages Facebook de marques d’alimentation ou de boissons populaires en Australie, comme Coca-Cola, Subway, Maltesers ou encore Skittles: au total, 13 pages internationales et 14 pages de marques basées en Australie. Ils ont évalué «leurs techniques marketing, leur engagement avec les fans, les messages postés», mais aussi le profil de ces «fans».

Comme l’explique le site de l’université de Sydney, «ces résultats montrent que le marketing des boissons et aliments pas bons pour la santé est prolifique et intégré de manière transparente dans les réseaux sociaux en ligne», et ce tout particulièrement à destination des ados et jeunes adultes. Selon les chercheurs, les pages de boissons gazeuses et énergisantes, très populaires sur Facebook, reflètent par exemple la forte consommation de ces produits chez les jeunes.

Les techniques les plus communément retrouvées sont les concours basés sur la génération de contenu par l’utilisateur, les jeux interactifs, l’installation d’applications… Quatre des pages étudiées incluent des applis qui permettent de commander directement sur Facebook. Et les ados et jeunes adultes «semblent plus réceptifs pour s’engager avec ces contenus», et ce avec des liens «sur une base quasi-quotidienne».

Car les ados sont sympas, ils partagent sans rechigner la pub de leurs marques préférées:

«Les jeunes utilisateurs de Facebook diffusent volontiers des messages marketing des entreprises agroalimentaires, apparemment sans avoir besoin d’encouragements ou de récompenses.»

Becky Freeman, une des auteurs de l’étude, explique ainsi:

«En utilisant les aspects interactifs et sociaux de Facebook pour commercialiser les produits, les marques capitalisent sur les réseaux des utilisateurs et amplifient la portée et la pertinence de leurs messages marketing. (…) Compte-tenu de la croissance exponentielle de l’usage des réseaux sociaux comme Facebook parmi les jeunes, nous devons comprendre les techniques et la portée de ce type de marketing.»

Et cela pourrait servir à réorienter les politiques de lutte contre l’obésité:

«En termes de politique de santé, la majorité des travaux en cours pour limiter l'exposition à la publicité d’aliments très caloriques et pauvres en éléments nutritifs est axée sur la restriction de la pub entre les programmes télévisés pour enfants. Notre étude montre que cette vision étroite est susceptible de manquer tout un pan de publicité, celle diffusée en ligne et destinée aux adolescents.» 

Et de conclure que, dans un premier temps, «une surveillance accrue de la façon dont la nourriture et les boissons sont commercialisées sur les réseaux sociaux est indispensable». 

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