Quatre graphiques qui permettent de comparer la mi-mandat de François Hollande à celle de ses prédécesseurs

François Hollande à Montréal, le 4 novembre 2014. REUTERS/Christinne Muschi

François Hollande à Montréal, le 4 novembre 2014. REUTERS/Christinne Muschi

Popularité, chômage, croissance, élections partielles: bilan des trente premiers mois de présidence du président socialiste.

Ce jeudi 6 novembre marque la mi-mandat de François Hollande. Pour étalonner son action sur des chiffres, nous avons comparé ses résultats sur quatre critères à ceux de ses prédécesseurs en retenant, pour chacun d'entre eux, les deux premières années et demi d'exercice (30 mois).

1.Popularité

 

Commentée chaque semaine, décryptée par tous les médias et toutes les équipes politiques, la cote de confiance joue le rôle d’indicateur-roi de la vie politique. 

François Hollande, surnommé «Monsieur 3%» deux ans avant la primaire socialiste, a démarré son mandat avec l’état de grâce le plus éphémère de l’histoire et le pourcentage d’opinions favorables le plus faible pour un président de la Ve République (pour un premier mandat, du moins: en 2002, Jacques Chirac avait commencé avec encore moins de soutien).

Sa courbe de popularité a chuté pendant deux ans et demi, ce qui est classique; mais dans des proportions autrement plus importantes que ses prédécesseurs. Même Nicolas Sarkozy, qui accusait lui aussi pourtant une forte chute de popularité (à partir de septembre 2007 seulement), a réussi à juguler l’hémorragie après une année de baisse. Pas son successeur. 

Aujourd’hui en dessous de la barre des 20% d’opinions favorables, le président de la République est très loin de celui qui le talonne sur une période comparable, Jacques Chirac, qui en 2004 se maintenait au dessus des 30%. Et encore plus loin de son modèle, François Mitterrand, qui, en novembre 1990, planait encore à 60% d’opinions favorables...

2.Chômage

 

Autre indicateur essentiel: le taux de chômage. Alors qu'il s'est engagé à ne se représenter que s’il arrivait à en inverser la courbe d’ici 2017, François Hollande a été, jusqu’à présent, incapable de renverser la tendance sur le court terme.

Cependant, avec une augmentation de 0,8 point du chômage sur la première moitié de son mandat (le taux est actuellement de 10,2% de la population active), l’actuel résident de l’Elysée, en comparaison de ses prédécesseurs, n'obtient pas le pire résultat. Durant le premier mandat de Jacques Chirac, entre 1995 et 1997, le chômage avait augmenté dans les mêmes proportions (+0,7 point), et plus encore durant le premier mandat de François Mitterrand, avec une hausse de 1,2 point. Hausse très proche de celle à laquelle Nicolas Sarkozy a du faire face entre 2007 et 2009 (1,6 point). 

En valeur absolue, Jacques Chirac détient toujours le record, avec un taux de chômage maximum de 11,3% en mars 1997. Depuis trente ans, seul le gouvernement socialiste de Michel Rocard, bénéficiant d'une conjoncture favorable, a pu faire diminuer le taux de chômage en début de mandat.

3.Croissance

 


Au regard de celle connue par ses prédécesseurs, la croissance globale du PIB sur deux ans à mi-mandat de François Hollande apparaît comme très faible (+0,8% prévus), mais nécessite d'être contextualisée. L’étude étant réalisée depuis le premier septennat du général de Gaulle en 1958, l’évolution des taux met en relief les transformations majeures de la situation économique de la France, pour une part liées aux transformations structurelles de l’économie internationale. 

Le retour du général de Gaulle au pouvoir est marqué par une très forte croissance du PIB (13%) expliquée pour partie par la reconstruction de la France et par les plans industriels et technologiques lancés dans les années 1950-1960. Le premier coup d’arrêt majeur à cette très forte progression apparaît avec Valéry Giscard d’Estaing en 1974, arrivé au pouvoir un an après le premier choc pétrolier (seulement 3,3% de croissance sur deux ans), et signe la fin du plein emploi en France.  

François Mitterrand arrive aux affaires dans un contexte presque similaire: prix du baril de pétrole multiplié par 2,7 et hausse continue du chômage. A partir de 1988, le gouvernement de Michel Rocard bénéficie d’une conjoncture internationale favorable caractérisée par une inflation modérée, un gain de compétitivité et un solde extérieur bénéficiant à la croissance (+7,4%). Seul le début de mandat de Nicolas Sarkozy a été marqué par un net recul de la croissance (-2,7%) en raison de la très grave récession mondiale provoquée par la crise financière de 2007-2008.

La croissance du PIB devrait rester faible cette année, aux alentours de 0,4%, après une croissance de 0,3% en 2013. Les prévisionnistes tablent sur une hausse du PIB de 1% pour 2015.

4.Elections législatives partielles

 


Statistique plus politique, le taux de victoire aux législatives partielles offre à voir comment se traduit dans les urnes le soutien dont dispose un président au cours de son mandat.

Notons qu’une législative partielle peut être le fait de l'abandon de son siège par un membre de l’opposition, remplacé à son tour par un membre de l’opposition. Cela est considéré, dans notre calcul, comme une défaite, même si cela n’a pas d’impact sur les équilibres à l'Assemblée. Nous avons par ailleurs recensé les élus au niveau des groupes politiques, ce qui comptabilise comme victoire du PS l'élection à Wallis-et-Futuna du divers droite Napole Polutélé, qui s'est ensuite rattaché au groupe socialiste!

Dans cet exercice, le général de Gaulle se trouve être le seul président à avoir vu son camp remporter 100% des législatives partielles (entre 1959 et 1961), suivi de près par son successeur Georges Pompidou à 86% (2 défaites pour 12 victoires entre 1969 et 1971). A l’opposé, François Mitterrand et François Hollande sont les deux seuls présidents qui ont vu leur camp perdre plus de partielles qu'il n'en a gagné: l'actuel président a vu la gauche perdre dix partielles sur douze, se traduisant par la perte nette de quatre sièges.

Par ailleurs, deux législatives partielles sont à venir en décembre pour remplacer François Barroin et Alain Marc (UMP) suite à leur élection au Sénat: même en cas de victoire des candidats de l'UMP, la composition de l'Assemblée ne sera pas modifiée. En revanche, la nomination de l'ancien ministre de l'Economie Pierre Moscovici au poste de commissaire européen va déclencher une législative partielle à hauts risques pour le PS dans le Doubs.

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