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Une partie de la ville de Brest (Biélorussie) a été construite avec des pierres tombales juives

Repéré par Alphonse Corone, mis à jour le 03.11.2014 à 12 h 27

Repéré sur Vice Magazine, Times of Israel

Pierres tombales du cimetière juif de Gorizia (Nova Goria), Slovénie/bisi via Flickr CC Licence by

Pierres tombales du cimetière juif de Gorizia (Nova Goria), Slovénie/bisi via Flickr CC Licence by

Plus de 450 pierres tombales d’un ancien cimetière juif ont été retrouvées depuis mai dernier sur le site de construction d’un supermarché en Biélorussie, rapportait Vice ce week-end.

Toute une partie de la ville de Brest, située près de la frontière polonaise, a été construite à l’aide d’anciennes pierres tombales du cimetière juif de la ville, selon le magazine. L’histoire de celle-ci explique cette situation.

En 1941, les nazis organisèrent la déportation des juifs de la ville, notamment celle de la communauté de Warburg –lotissement pour les orphelins juifs de la Première Guerre mondiale– vers le camp d’extermination de Bronnaya Gora. En 1944, la ville passa sous le contrôle de l’Armée rouge. Le pouvoir communiste alors en place démantela le cimetière juif de Brest et, en 1959, utilisa les tombes pour la construction d’un stade sportif. Puis, constatant la qualité des pierres, décida de les employer à plus large échelle: pavement des routes, jardins, fondations (pratique déjà vue chez les nazis).

En tout, ce sont plus de 1.500 pierres tombales qui ont ainsi refait surface depuis six ans au gré des transformations de la ville. Artur Livshyts, directeur biélorusse de l’association caritative britannique Together Plan, précise à Vice que les réactions à ces découvertes sont plutôt positives au sein de la population:

«La communauté juive a à cœur que ces tombes reposent dans un lieu qui leur soit consacré, comme un mémorial; de même que les non juifs, qui se sentent vraiment concernés par la question. Même les ouvriers du chantier du supermarché se sont arrêtés de travailler pour déplacer les pierres et alerter la communauté juive.»

L’association espère, désormais, trouver les moyens de financer un mémorial spécialement consacré à ces pierres tombales. A l’image de l’initiative de la ville de Varsovie qui, en août dernier, accordait un budget de 180.000 dollars (environ 140.000 euros) pour la restauration de pierres tombales ayant servi, dans un contexte similaire, à la construction d’une partie d’un centre de loisir dans les années 1950. 

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