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Si l'humanité se raconte autant d'histoires, c'est d'abord pour survivre et se rassurer

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 03.11.2014 à 11 h 18

Repéré sur The Atlantic

"books" par Porsche Brosseau  | FlickR licence cc by

"books" par Porsche Brosseau | FlickR licence cc by

Mais pourquoi nous complaisons-nous autant dans la fiction? Au cinéma, dans les livres, dans les jeux vidéo ou même dans nos vies –quand nous nous racontons un peu trop d'histoires, et que l'expression «tu te fais des films» est plus que jamais adéquate.

Le site américain The Atlantic se penche sur notre amour du storytelling dans un article très documenté. Il en ressort que l'amour de l'humanité pour la fiction relèverait d'abord de la survie:

«Une narration compile données et émotion, explique The Atlantic, ce qui est significativement plus efficace pour impliquer un auditeur que les simples faits.»

Ainsi, au lieu de mettre en garde contre l'existence de bêtes sauvages (et donc dangereuses) à l'extérieur, mieux vaut raconter comment le cousin d'une connaissance s'est fait dévorer par une étrange créature terrifiante, poursuit le site américain qui cite les travaux de Jennifer Aaker, qui enseigne le marketing à Stanford, et selon laquelle nous sommes «22 fois» plus enclins à retenir une information lorsqu'elle est orchestrée par un fil narratif.

Une espèce de mécanisme de survie donc, qui nous permettrait en plus de nous rassurer: en donnant du sens à des éléments aléatoires, nous entretiendrons ainsi une agréable illusion de contrôle sur le déroulé de l'univers par nature assez angoissant.

Le fait d'anticiper, notamment via la science-fiction, participerait également de ce mouvement: même dans un futur cauchemardesque, post-apocalyptique façon The Road ou La constellation du chien, l'humain a la possibilité de se projeter et de chercher à faire sens, à s'engager, comme l'expliquait il y a tout juste un an Amir Eshel,un chercheur de Stanford dont nous relayions les travaux.

Bonne nouvelle, la lecture de la fiction permettrait en plus de mieux se comprendre les uns les autres, ajoute The Atlantic en s'appuyant sur des travaux datant de février 2014 d'un chercheur en psychologie, Dan Johnson. Et améliorerait aussi, au passage, nos capacités de réflexion, comme nous l'écrivions il y a quelques mois.

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