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Le premier enfant rend plus heureux. Le deuxième aussi. Mais le troisième...

Baby. gabi menashe via Flickr CC License by

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«Famille nombreuse, famille heureuse»? Pas si simple. En fait, la naissance des deux premiers enfants procurerait du bonheur supplémentaire aux parents, mais il semblerait que ce soit moins marqué pour le troisième bambin, selon une étude de la London School of Economics, que relaie le Smithsonian Mag.

Les chercheurs se sont fondés sur les données de plus de 7.000 familles, recueillies sur plus de dix ans, à la fois en Allemagne et en Grande-Bretagne. Ils se sont intéressés à la correspondance entre le niveau de bonheur auto-évalué par les couples et le fait que ces derniers attendent un enfant ou aient eu un bébé récemment.

Résultat: il semblerait que la naissance du premier enfant augmente significativement le bonheur de ses heureux géniteurs. A l’arrivée du deuxième enfant, cette augmentation est diminuée de moitié, et lorsque naît le troisième, son influence sur le bonheur des parents ne serait plus que «négligeable». Une fois toutes les naissances passées, le niveau de bien-être des parents retomberait à ce qu’il était avant qu’ils commencent à enfanter et pourrait même décliner.

Pas de panique, cela ne signifie pas que les parents manquent d’intérêt pour leur troisième rejeton, ni qu’il sera moins heureux que ses frères et soeurs, explique l'un des chercheurs au Washington Post:

«L’arrivée d’un troisième enfant n’est pas associée à une augmentation du bonheur des parents, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont moins aimés que leurs frères et soeurs. Au lieu de ça, cela peut refléter le fait que l’expérience de la parentalité est moins novatrice et excitante au moment où le troisième enfant naît, ou qu’une famille plus grande met une pression supplémentaire sur les moyens des parents.»

S’il ne provoque pas autant d’euphorie que ces prédécesseurs, le troisième enfant serait en tout cas celui qui coûte le moins cher, le plus préparé à la vie en société puisqu’il a l’exemple de ses aînés sous les yeux, et celui qui soude la famille.

Les chercheurs de la London School of Economics notent que le bonheur des géniteurs dépendrait également de l’âge auquel ils commencent à fonder une famille et de leur niveau d’éducation. Dans la période entre la grossesse et la naissance, le shoot de bonheur serait plus élevé chez les parents entre 35 ans et 49 ans et possédant un haut niveau d’instruction, que chez les 23-34 ans. Aucune augmentation de bonheur ne serait observée chez les mères adolescentes. Selon Rachel Margolis, professeure adjointe en sociologie à l’Université de Western Ontario, cela «peut expliquer pourquoi le report de la maternité est devenu si commun».

Le Washington Post rapporte que de précédentes études ont démontré que les femmes plus âgées étaient moins stressées à l’idée de devenir mère:

«Peut-être parce que les mères plus âgées ont un capital social plus important et un statut plus élevé au travail, ce qui leur permet donc une plus grande flexibilité financière et des options pour la garde d’enfants, qui peuvent aider à faciliter la transition vers la parentalité.»

Une étude précédente relayée par The Atlantic envisage quant à elle que le bonheur des parents est stable par rapport aux années 1980, alors que celui des nullipares serait en baisse. Cela pourrait s’expliquer par la diminution de la charge financière que représente un enfant (du moins aux Etats-Unis), mais aussi parce qu’en Occident, on peut désormais choisir ou non d’enfanter:

«Les parents deviennent probablement parents parce qu’ils le veulent, et moins à cause de la pression sociale. Ces adultes [...] désirent leurs enfants, et par conséquent retirent plus de bonheur du fait d’avoir les enfants qu’ils veulent.»

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