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La démission de Compaoré au Burkina Faso est-elle le signal d'un «printemps africain»?

Temps de lecture : 2 min

Elle rappelle que des dirigeants qui jouissent d'une grande longévité peuvent se révéler vulnérables quand ils tentent de contourner les limites constitutionnelles.

A Ouagadougou, le 31 octobre 2014. REUTERS/Joe Penney.
A Ouagadougou, le 31 octobre 2014. REUTERS/Joe Penney.

La démission, vendredi 31 octobre, du président du Burkina Faso Blaise Compaoré, qui ouvre la voie à une transition plus que confuse, pourrait-elle donner le signal d'un «printemps africain»? Elle devrait en tout cas «avoir une résonance sur tout le continent», estime le magazine américain Time.

Le cas de Compaoré présente un double intérêt. Au pouvoir depuis 1987, il faisait partie des chefs d'État africains à la longévité la plus grande, dépassée notamment par Paul Biya au Cameroun (39 ans en tant que Premier ministre puis président), Teodoro Obiang en Guinée équatoriale (35 ans), Jose Eduardo dos Santos en Angola (35 ans), Robert Mugabe au Zimbabwe (34 ans en tant que Premier ministre puis président) ou encore Yoweri Museveni en Ouganda (28 ans). Et il était en train d'essayer de faire adopter un amendement à la Constitution pour pouvoir se représenter en 2015, dans un de ces «coups d'État constitutionnels» fréquents sur le continent, estime la radio allemande Deutsche Welle. «Cela constitue un avertissement à la fois envers les régimes vieillissants et envers ceux qui tentent de rester au pouvoir en contournant les limites constitutionnelles», a expliqué à l'AFP Thierry Vircoulon, de l'International Crisis Group.

Dans un post publié sur le Monkey Cage, le blog de sciences politiques du Washington Post, un doctorant de l'université de Stanford, Ken Opalo, relève que, depuis 1990, onze dirigeants d'Afrique subsaharienne ont tenté de contourner le plafonnement du nombre de mandats en révisant la Constitution: sept ont réussi, trois ont rencontré l'opposition de leur Parlement et un (le Nigérien Mamadou Tandja) est tombé à la suite d'un coup d'État). Or, des dirigeants de plusieurs pays (Bénin, Burundi, Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo, Rwanda) réfléchiraient actuellement à la même manœuvre.

«Peu parieraient contre Kagamé [au Rwanda, ndlr] ou Denis Sassou-Nguesso au Congo-Brazzaville s'ils décidaient d'impulser un changement de règles pour pouvoir rester plus longtemps au pouvoir», estime David Zounmenou, de l'Institute for Security Studies (ISS), interrogé par l'AFP, qui note en revanche que la situation pourrait être plus compliquée pour Pierre Nkurunziza au Burundi ou Joseph Kabila en République démocratique du Congo. Interrogé par le Washington Post, Pierre Englebert, spécialiste de la politique africaine au Pomona College (Californie), estime d'ailleurs que les évènements du Burkina «pourraient donner de l'espoir à des mouvements ailleurs, notamment en République démocratique du Congo, qui est une véritable cocotte-minute».

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