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Le message des candidats démocrates aux électeurs des «midterms»: nous non plus, on n'aime pas Obama!

Temps de lecture : 2 min

Barack Obama. REUTERS/Kevin Lamarque.
Barack Obama. REUTERS/Kevin Lamarque.

Pour les élections de mi-mandat du 4 novembre, les candidats démocrates ont un message essentiel à faire passer aux électeurs: rassurez-vous, moi non plus je n'aime pas Barack Obama!

Seuls 39% des Américains sont satisfaits du président, mais les taux sont beaucoup plus bas dans les Etats conservateurs, où un Démocrate ne peut se faire élire que s’il a l’air très centriste.

Alors qu'Hillary Clinton est venue soutenir ses collègues démocrates un peu partout, du Kentucky à la Géorgie, Obama ne s'est déplacé que dans les Etats qui votent à gauche. Dans les régions conservatrices du pays, les candidats démocrates refusent de prononcer son nom. «Ils l’évitent comme s’il était le méchant dans le film Massacre à la tronçonneuse», résumait récemment l'humoriste Jon Stewart.

En Géorgie, une simple photo de la candidate démocrate au Sénat, Michelle Nunn, avec Barack Obama, a été utilisée par ses adversaires pour tenter de la discréditer. En réponse, elle a dû diffuser une vidéo dans laquelle elle explique que, certes, elle a bien été prise en photo avec le président, mais que c'était lors d'une cérémonie en l'honneur de George Bush père, un Républicain...

Dans le Kentucky, la candidate Alison Lundergan Grimes va plus loin: elle a plusieurs fois refusé de dire si elle avait voté pour Obama en 2008 et 2012, au risque de se ridiculiser. Dans une de ses publicités de campagne, on la voit s'exercer à tirer au fusil avant d'annoncer à la caméra: «Je ne suis pas Barack Obama. Je ne suis pas d'accord avec lui sur les armes à feu, le charbon et l'écologie.»

Même son de cloche chez Mark Begich, le candidat au poste de sénateur de l'Alaska:

«J'ai voté pour [Obama], mais ce n'est pas important. Le président n'est pas important. Dans deux ans, il ne sera plus là.»

Dans l'Arkansas, Mark Pryor, qui brigue un mandat de sénateur, a récemment déclaré sur Fox News:

«Je vais être honnête, Obama a vraiment été un frein pour ma campagne. Les gens d'ici savent que je ne suis pas toujours d'accord avec lui.»

On peut comprendre que stratégiquement, ces candidats cherchent à se distancier d'un pouvoir peu apprécié dans leurs régions. Mais pour le comité éditorial du New York Times, cette approche est dangereuse:

«Une des raisons de l'impopularité du président est que les membres de son propre parti n'ont pas réussi à défendre les mesures qu'il a prise pendant les six années de sa présidence. A cause de cette attitude, c'est la version républicaine des faits –le récit d'un échec– qui domine.»

En refusant de soutenir ouvertement l'administration Obama, ces candidats donnent l'impression que les critiques républicaines sont valides.

C'est particulièrement symptomatique en ce qui concerne la réforme de santé, qui a permis à des millions d'Américains d'obtenir une assurance, mais dont de nombreux candidats démocrates ont peur de parler. Si des millions de personnes aux revenus modestes ne sont toujours pas couvertes, c'est à cause des gouverneurs républicains qui ont refusé d'étendre l'assurance maladie pour pauvres (Medicaid) aux foyers qui gagnent un peu plus que le seuil de pauvreté. (En 2012, la Cour Suprême a rendu cette expansion facultative, alors qu'elle faisait initialement partie de la loi).

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Pourtant, l'approche de nombreux Démocrates, particulièrement dans les Etats du sud, est de ne parler que des défauts de la réforme de santé, tant ils savent que le matraquage opéré par les Républicains a déjà convaincu la majorité de leurs électeurs...

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