Science & santé

Les chauves-souris ont des interactions sociales, et peut-être même des amis

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 01.11.2014 à 11 h 04

Repéré sur The Independent, Centre for Ecology & Hydrology

Myotis bechsteinii. Gilles San Martin via Flickr CC License by

Myotis bechsteinii. Gilles San Martin via Flickr CC License by

Si Batman se promène une réputation de héros solitaire, ce n’est pas à cause de ses accointances avec les chauves-souris. Ces dernières auraient en effet la faculté de nouer des relations, et seraient même un peu exclusives dans leurs «amitiés», selon une étude publiée sur Plos One et relayée par The Independent.

Cela concerne au moins deux espèces de chauves-souris murins, basées dans l’Oxfordshire, au sud de l’Angleterre. Pendant cinq ans, des chercheurs du centre pour l’Ecologie et l’hydrologie, et des universités d’Oxford et d’Exeter ont étudié leur comportement sur un site de 415 hectares. Pour cela, environ 1500 de ces animaux ont été équipés de brassards en aluminium, et quatre d’entre eux de légers émetteurs radios, afin qu’il soit possible de suivre leurs déplacements.

Les chercheurs ont estimé qu’il y avait une interaction sociale entre deux chauves-souris si l’on pouvait les voir perchées ensemble. Un groupe peut être formé de deux à 35 chauve-souris, et en compte en moyenne sept à 10.

Les scientifiques ont ainsi constaté que si les chauves-souris restent rarement plus de quelques jours dans le même logement, il semblerait qu’elles créent des liens. Les individus d’une même colonie ont tendance à rester ensemble au fil des déplacements. Ces «relations» peuvent durer plus d’un an, ce qui signifie que les chauves-souris se regroupent à nouveau avec les mêmes pairs après leur période d’hibernation.

Facebook version chauve-souris

L’étude a aussi montré que les deux espèces considérées n’ont pas la même manière de former des groupes sociaux: le murin de Naterrer se rassemble en clans mixtes, tandis que chez le murin de Daubenton, les communautés se divisent en individus masculins et féminins. Les scientifiques expliquent:

«De la même façon que certains types de personnes sont hyper connectées aux autres sur Facebook, ce travail montre que dans les systèmes des animaux, deux espèces étroitement liées qui vivent dans le même habitat peuvent avoir des types de réseaux sociaux très différents»

Connaître ces réseaux permet aux scientifiques de comprendre comment se diffusent les informations et se propagent les maladies, mais aussi de mesurer les conséquences d’un changement de l’environnement sur leur population:

«Ce travail a des implications pour la conservation des chauve-souris. Nous réalisons que même si les groupes sociaux de chauves-souris des bois "changent de maison” tous les quelques jours, ils restent à l’intérieur d’une très petite zone géographique. Cela signifie que même un abattage d’arbres à petite échelle peut détruire tous les gîtes potentiellement disponibles pour un groupe.»

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