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Google condamné à payer pour avoir montré le décolleté d’une femme sur Street View

Temps de lecture : 2 min

Google Car/Trevor via Flickr CC licence by

Les camions google de Street View sont réputés pour leurs photos de choses un peu étranges, pour aller dans des endroits reculés, et en général, pour causer des drames. Ah, et pour leurs violations de la vie privée aussi.

L'événement en question fait parti de la dernière catégorie: un juge canadien a condamné l'entreprise Google à verser des dommages et intérêts à une femme dont le décolleté a été pris en photo par l’appareil de capture d’images de Street View et mis en ligne, accessible à tous. Depuis, Maria Pria Grillo explique souffrir d’un traumatisme émotionnel consécutif à cet incident.

Quand en 2009 elle a découvert sa maison sur Street View, elle s’est vue, assise devant chez elle, penchée en avant, l’angle de la photo laissant découvrir une large partie de son décolleté et la moitié de sa poitrine. Conformément à la pratique de Street View, le visage de Maria Pria Grillo avait été flouté mais, l’image la montrant assise devant chez elle, elle s’était sentie identifiable. La photo est actuellement visible depuis le site du tabloïde canadien Le Journal de Montréal.

En 2011, Maria Pria Grillo avait fait savoir à Google qu’elle souhaitait que le reste de son corps soit lui aussi flouté, de même que toutes les informations qui pouvaient l’identifier; comme sa maison et sa plaque d’immatriculation. Par ailleurs, elle avait aussi demandé 45000 dollars canadiens (31900 euros) de dommages et intérêts pour détresse émotionnelle, comprenant notamment la gêne éprouvée vis à vis de ses collègues ayant découvert la photo. Google avait alors flouté une grosse partie de la photo mais avait refusé de la payer. L’entreprise avait expliqué qu’elle était dans son droit de prendre des photos d’elle en publique et avait refusé de reconnaitre que le «boobgate» (comme il convient d’appeler cette affaire… selon moi) soit à l’origine de ses troubles émotionnels.

Maria Pria Grillo a mené l’affaire devant le juge Alain Breault qui a condamné Google, début octobre, à lui verser 2250 dollars canadiens (1600 euros) en plus des 159 dollars (110 euros) de remboursement des frais de justice, plus intérêts courant depuis le 8 juin 2011. Le juge a estimé que les troubles émotionnels de la demanderesse n’étaient pas liés au «boobgate», mais a néanmoins retenu que Google s’était rendu coupable d’une violation de sa vie privée. Il a considéré que le perron de sa maison était une partie intégrante de la maison, donc soumise au droit à la vie privée, tout en admettant le fait que Google pouvait la prendre en photo.

Comme le souligne le site d’information Gigaom, le juge en charge de l’affaire a aussi relevé que la législation en matière de respect de la vie privée diffère entre les Etats-Unis et le Canada. Il a ajouté qu’il avait eu, en l’occurrence, «une approche à l’Européenne» du dossier.

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