Parents & enfantsDouble X

Qui, selon vous, reste à la maison quand l'enfant est malade? (spoiler, toujours la même)

Repéré par Nadia Daam, mis à jour le 30.10.2014 à 16 h 02

Repéré sur The Atlantic

REUTERS/Damir Sagolj

REUTERS/Damir Sagolj

Les femmes quittent dix fois plus leur travail que les pères pour venir au chevet d'un enfant malade. Elles emmènent aussi majoritairement l'enfant chez le médecin.

Nous vous avions déjà décrit sur Slate l'absurdité et surtout la désuétude de l'expression «l'heure des mamans» employée par beaucoup d'enseignants pour désigner l'heure de la sortie d'école. Si elle peut sembler anecdotique, la phrase ne fait qu'entériner l'idée selon laquelle la scolarité dans sa globalité (devoirs, gouters, sorties) est uniquement l'affaire des mères. C'est faux, stigmatisant pour les pères, oppressant pour les mères et franchement crétin.

Il semblerait pourtant que l'heure des mamans dure en réalité toute la journée d'école. En tout cas, même quand elle travaille, la mère est celle qui doit tout lâcher sur le champ si l'enfant tombe malade pendant la journée.

Aux Etats-Unis, pendant la durée de l'épidémie de grippe saisonnière (de novembre à mars), 59% des parents doivent s'absenter au moins une fois de leur travail pour rester au chevet de leur enfant malade. La question est de savoir qui dans le couple va devoir s'absenter. Et on a la réponse, (même si on en avait quand même une idée).

Une récente étude relayée par The Atlantic révèle en effet que les mères s'absentent 10 fois plus de leur travail que les pères pour s'occuper de leur enfant quand il est souffrant. Elles emmènent aussi 5 fois plus l'enfant chez le médecin que leur compagnon.

Si les Etats-Unis ne proposent pas, contrairement au droit du travail français, de congés enfants malades dûment payés, certains employeurs consentent néanmoins à payer les journées d'absence. Mais c'est une minorité: 60% des mères interrogées dans le cadre de l'étude affirment n'avoir pas été payées pour ces journées. 

Pourtant, les mères américaines n'en ressentent pas moins de la culpabilité vis-à-vis de leurs collègues et de leur patron. La crainte de paraître moins productive que les autres et de passer pour des tire-au-flanc, l'obligation de rattraper les tâches professionnelles, ainsi que l'inquiétude liée à l'état de santé de l'enfant, constituent ici une triple peine dont les pères sont les plus souvent exempts.

Aucune étude similaire n'a été récemment menée en France, et c'est bien dommage. Mais en 2007, l'Insee avait analysé les résultats du Panel européen des ménages réalisé à l'automne 2001 et concluait «qu’avoir un enfant jeune, âgé  de moins de cinq ans, accroît sensiblement la  probabilité d’être absente pour cause de maladie pour les femmes. Il se peut que celles-ci soient amenées à s’absenter de leur lieu de travail lors-que leurs jeunes enfants sont malades par exemple».

L'analyse mettait en évidence le fait que «les absences au travail sont affectées par les contraintes liées à la conciliation des vies familiale et professionnelle».

Bien sûr, de nombreux pères s'acquittent de cette tâche, mais ces résultats prouvent bien qu'il est communément admis que les soins incombent essentiellement aux mères. Idée partagée... par les mères elles-même. En 2011, une enquête britannique portant elles aussi sur les absences des mères révélait que 86% des sondées estimaient que les enfants ont besoin de leur mère plus que de n'importe qui quand ils ont un problème de santé.

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