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Comment la presse israélienne a traduit «chickenshit», l'insulte attribuée à la Maison Blanche envers Netanyahou

Temps de lecture : 2 min

John Kerry and Benjamin Netanyahou, en juillet 2014/Wikimedia
John Kerry and Benjamin Netanyahou, en juillet 2014/Wikimedia

«Le problème avec Bibi, c'est que c'est une poule mouillée.»

«Chickenshit»: ce petit mot, lâché off the record par un responsable de l’administration Obama au journaliste de The Atlantic Jeffrey Goldberg à propos de Benjamin Netanyahou, a fait grand bruit. Du coup, le problème s’est posé pour la presse israélienne de savoir comment le traduire au plus juste, vu qu'il semble pouvoir se targuer d’avoir plusieurs équivalences, jamais tout à fait exactes. Le Washington Post explique:

«Pour de nombreux journaux en hébreu, l’histoire présentait une énigme: comment traduisez vous exactement l’insulte "chickens—t"?»

Indiquant qu’il existe de nombreux termes anglophones en hébreu moderne, beaucoup de journaux ont rapporté le mot tel quel, avant d’ajouter une description. C’est ainsi que Israel Hayom, le plus gros tirage de la presse israélienne, a qualifié l’expression de «terme d’argot péjoratif signifiant lâche».

Dans l’ensemble, les traductions se sont limitées à «lâche» et «pathétique lâche» ou à des commentaires pudiques précisant qu’il s’agissait «d’un surnom vulgaire». Ben Sales, journaliste au Times of Israël, a cependant eu une comparaison plus heureuse en déclarant à la Jewish Telegraphic Agency que «le terme "lâche [coward]" est celui que vous utilisez quand vous voulez provoquer quelqu’un en duel; "poule mouillée", c’est quand vous voulez vous battre dans un bar».

Le dictionnaire argotique aglophone Urban Dictionary propose plusieurs définitions en rappelant que le terme «chickenshit» faisait référence, à l'origine, au comportement des hauts gradés de l’armée qui distribuaient des ordres «stupides et insignifiants» aux soldats dans le but de les brimer. En tant qu’adjectif, ce terme a gardé la même signification. En revanche, en tant que nom commun, il fait référence à notre acception du terme «poule mouillée», illustrée par le dictionnaire de l’exemple suivant: «Cette poule mouillée ne pourrait même pas tuer une mouche.»

C’est bien de tuer qu'il s’agit, puisque les propos rapportés par The Atlantic mettent en avant la peur du Premier ministre israélien d’engager une action militaire contre l’Iran. «Le bon côté avec Netanyahou, c’est qu’il a peur de lancer des guerres. Le mauvais côté, c’est qu’il ne fera rien pour trouver un accord avec les Palestiniens. […] La seule chose qui l’intéresse, c’est de se protéger d’une défaite politique», explique le haut responsable de l’administration présidentielle américaine cité par le site. Le problème est récurrent: les deux états n’arrivent pas à accorder leurs vues sur la question du nucléaire iranien, sur laquelle Benjamin Netanyahou cherche le soutien actif des Etats-Unis, qui se dérobent, et celle de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, que Joe Biden et John Kerry tentent d’endiguer depuis 2009.

Quelle que soit finalement la traduction retenue, l’effet risque de rester le même et de marquer un nouveau pas dans le refroidissement constant des relations israélo-américaines, même si la Maison Blanche s’est empressée de prendre ses distances avec les propos qui lui sont prêtés.

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