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L'Allemagne veut accueillir les JO 2024. Les Allemands, moins

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 30.10.2014 à 8 h 06

Repéré sur FAZ, Berliner Zeitung, Der Tagesspiegel, Hamburger Abendblatt

Si Berlin et Hambourg sont candidats à l'organisation de la compétition, les habitants de ces villes sont profondément divisés.

La délégation allemande lors de la cérémonie d'ouverture des JO 2012. REUTERS/Kai Pfaffenbach.

La délégation allemande lors de la cérémonie d'ouverture des JO 2012. REUTERS/Kai Pfaffenbach.

Après des mois de bruits de couloir, c'est enfin officiel: l'Allemagne est candidate pour accueillir les JO d'été de 2024, a annoncé, mardi 28 octobre, Alfons Hörmann, le président du comité olympique allemand (DOSB). Mais à Berlin comme à Hambourg, les deux villes en lice pour accueillir les Jeux, cette candidature suscite de nombreuses critiques chez les habitants, qui voient dans cette manifestation un énorme gaspillage d'argent public, rapporte le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung.

À Berlin, une alliance citoyenne baptisée NOlympia Berlin a vu le jour cet été pour s'opposer à la tenue de cette manifestation sportive géante dans la capitale allemande. Elle a choisi pour symbole un ours brun (l'emblème de la ville) dont les pattes sont enchaînées dans les cinq anneaux olympiques entrelacés. Elle est soutenue entre autres par le mouvement de jeunesse des Verts et le parti de gauche radicale Die Linke. Son président, Uwe Hiksch, a réaffirmé hier son but d'empêcher la tenue des JO:

«En organisant des actions créatives et en informant, nous stopperons cette machine à jeter en l'air de l'argent public pour les Jeux olympiques.»

Les opposants à l'accueil des JO 2024 à Hambourg sont également regroupés au sein d'une telle alliance, (N)Olympia-Hamburg, soutenue par les mêmes forces politiques. Toutes deux réclament que les recettes publiques soient investies dans la construction de logements sociaux, d'écoles, de garderies ou d'équipements publics plutôt que dans l'organisation de cet événement.

Ces deux regroupements de citoyens peuvent d'ailleurs compter sur un large soutien de la part des habitants des deux villes: d'après les résultats d'un sondage mené par DOSB, cités par le Berliner Zeitung, 49% des Berlinois et 44% des Hambourgeois s'opposent à la tenue des JO dans leurs villes respectives.

Ni le comité olympique allemand ni les opposants à cette candidature n'ont oublié ce qui s'est passé à Munich en 2013: la capitale de la Bavière avait dû renoncer à présenter sa candidature à l'organisation des JO d'hiver de 2022 après que les habitants du Land s'y étaient massivement opposés par référendum.

Par crainte d'une telle déconvenue, le DOSB a repoussé le choix de la ville candidate, qui devrait logiquement avoir lieu début décembre, à début 2015, le temps d'organiser un référendum dans les deux villes, rapporte le quotidien Der Tagesspiegel:

«Le DOSB veut être sûr qu'une masse d'habitants en colère n'empêche pas une candidature après coup avec un référendum.»

Mais cette lenteur serait également révélatrice des dissensions qui agitent le Comité olympique allemand, selon le quotidien hambourgeois Hamburger Abendblatt:

«Tandis que le président [Alfons] Hörmann et le directeur général Michael Vesper préfèrent à ce qu'on dit Hambourg, comme une grande partie du gouvernement allemand, plusieurs fédérations sportives de pointe (gymnastique, athlétisme, natation, football, basketball) misent sur Berlin, car contrairement à Hambourg, la capitale a organisé de nombreuses compétitions internationales.»

Les projets déposés par Berlin et Hambourg sont effet très différents, comme l'expliquait cet été le Berliner Zeitung: alors que Berlin mise sur ses infrastructures déjà existantes, dispatchées à travers la ville, et sur l'aspect durable du projet, prévoyant par exemple de bâtir un village olympique sur les pistes de l'aéroport Tegel, qui devrait être désaffecté dès que le nouvel aéroport BER entrera –enfin– en service. Un village qui serait ensuite transformé en logements sociaux et étudiants.

Hambourg mise elle sur un concept plus classique du «tout sur place» en projettant de construire de nouveaux équipements sportifs dans un territoire défini, et prévoit par la suite de transformer seulement un tiers des logements de son village olympique en logements sociaux.

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