Culture

L'appartement de tissu (pirouette, cacahuète)

Elodie Palasse-Leroux, mis à jour le 30.10.2014 à 16 h 55

Ho-do Suh, galerie Lehmann Maupin (New York et Hong Kong) et Brian Fitzsimmons.

Ho-do Suh, galerie Lehmann Maupin (New York et Hong Kong) et Brian Fitzsimmons.

Sa maison n'est pas en carton comme dans la comptine, mais intégralement reproduite à partir d'un fil de polyester d'une finesse arachnéenne. 

«348 West 22nd Street»: c'est l'adresse de l'appartement que l'artiste coréen Do-ho Suh, installé aux Etats-Unis pour y étudier à la Rhode Island School of Design, occupait à New York, entre 1997 et 2011. L'aimait-il au point de vouloir le figer dans les mémoires? Y a-t-il passé de si longues heures désespérées, en attendant le succès, que chaque recoin était gravé dans sa mémoire? On ne connaîtra pas le fin mot de l'histoire. Il l'a recréé point par point, à l'échelle et dans ses moindres détails. Une gigantesque installation de fils tendus sur une structure de tubes d'acier, qui s'étale hardiment entre les murs du  Contemporary Art Museum d'Austin au Texas.

Avec un père calligraphe et peintre «traditionnel» de renom, une mère en charge de préserver le «patrimoine national des us et coutumes sud-coréens» et un frère architecte, on devine que l'instinct de conservation, un certain respect des traditions et l'envie de construire pour mieux préserver doivent courir dans ses veines. Enfant, Do-ho Suh s'imaginait volontiers un avenir professionnel de biologiste marin: «Mais j'étais mauvais en mathématiques, alors je n'ai pas pu suivre une filière scientifique.»

 

Trois années lui ont été nécessaires pour tisser l'oeuvre monumentale. Tout y est, grandeur nature: les murs et fenêtres, la salle de bain, l'équipement de la cuisine, les interrupteurs ou les poignées des portes. Do-ho Suh a voulu capturer la mémoire et le contact physique de son appartement, dans la lignée de ses sculptures de tissu précédemment réalisées (Home within Home within Home within Home within Home, installation exposée plus tôt cette année au musée national d'art moderne et contemporain de Séoul, avait consacré l'artiste dans son pays d'origine). Un jeu de couleurs primaires et de lumière renforce encore l'effet contradictoire de la  transparence et des lignes marquées, strictes, de chaque objet. A expérimenter avant le 11 janvier 2015.

Elodie Palasse-Leroux
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